Lienart

  • Le musée Vivant Denon de Chalon-sur-Saône conserve un superbe Portrait de Noir par Théodore Géricault, réalisé lors de son apprentissage chez Pierre Guérin vers 1811-1812. La redécouverte de ce portrait constitue le point de départ de cette étude approfondie du regard si singulier de Géricault, qui fut l'un d'un premier peintre occidental, dans son célèbre Radeau de La Méduse, présenté au Salon de 1819, à faire d'un métis le héros principal d'une toile monumentale.
    Le métissage doit être alors considéré comme la ferme condamnation du système colonial, entièrement basé sur la ségrégation de la couleur de peau. Mais la vision anticolonialiste de Géricault ne s'arrête pas là : l'artiste romantique explore dans ses oeuvres la guerre d'indépendance de Saint-Domingue, la résistance, en Égypte, face aux armées napoléoniennes, celle des Grecs face aux Turcs. Des citoyens du monde qui aspirent tous à l'indépendance et à la paix des peuples.
    Les thèmes orientaux et les personnages exotiques dans l'oeuvre de Géricault signalent son adhésion d'artiste à la modernité romantique. Alors que, pour la plupart de ses contemporains, l'Orient n'est qu'un prétexte à un exotisme de façade, l'iconographie de Géricault sert à véhiculer des revendications humanistes et à diffuser des mots d'ordre politiques défendus, à commencer par les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité étouffés par la Restauration.

  • Homère ou les deux fleuves

    Collectif

    • Lienart
    • 18 Avril 2019

    Homère, avec les deux monuments littéraires que sont l' Iliade et l' Odyssée qui lui sont généralement attribués, est sans conteste une des sources majeures les plus anciennes de la culture occidentale. Au-delà de leur importance dans la littérature, ces deux oeuvres ont irrigué depuis lors l'imaginaire des différentes civilisations héritières de la Grèce. Ainsi, confusément, la Guerre de Troie, les noms d'Achille, d'Hector ou d'Ulysse continuent encore à raisonner dans nos esprits aujourd'hui. À plus fort titre, les artistes dans l'Antiquité, comme depuis la Renaissance, y ont puisé une multitude de sujets fondamentaux dans l'histoire de l'art.
    Homère n'en finit pas d'être présent, de susciter des interrogations et de rester mystérieux : poète aveugle et errant ou écrivain génial et inspiré ? Ou bien fantôme créé de toutes pièces par une sorte d'horreur du vide, pour donner un auteur à deux oeuvres anonymes mais indispensables ? Inépuisable répertoire de références et de paradigmes, l' Iliade et l' Odyssée sont de véritables palimpsestes. Leurs figures plurielles, aux prodigieuses potentialités narratives, maintes fois repensées, interprétées, actualisées, authentiques mythes fondateurs, ne cessent de fasciner les hommes.
    Les quelque 300 oeuvres présentées, d'une grande diversité de techniques et d'époques, permettent de faire voir la richesse d'inspiration des poèmes sur les différents arts et de comprendre la complexité de la « question homérique » ainsi que les raisons qui ont fait d'Homère le « maître d'école de la Grèce » (Platon), faisant du poète une autorité dans des domaines aussi divers que la langue, la littérature, les sciences, les arts, la morale et l'art de vivre.

  • L'ouvrage explore le monde de l'estampe contemporaine en s'intéressant en particulier aux productions les plus spectaculaires et les plus hétérodoxes. Cinq cents ans après Albrecht Dürer, dont le monumental Arc de triomphe de Maximilien I assemblait pas moins de 36 feuilles imprimées, les artistes plébiscitent plus que jamais le grand format, l'estampe n'étant plus depuis longtemps un instrument de diffusion de l'image mais bien un champ d'expérimentation et un moyen de faire oeuvre.
    Dépasser les règles de l'édition commune conduit à s'emparer de toutes les techniques sans a priori, des plus traditionnelles (gravure sur métal et sur bois, lithographie, sérigraphie...) aux plus novatrices (photogravure, tirage numérique, papier mural...), à jouer avec les limites de l'estampe (gigantisme, support autre que le papier, sérialité, collage...), à interroger enfin les modes de représentation comme les systèmes de fabrication des images.
    Beaucoup d'acteurs majeurs de l'art de ces cinquante dernières années ont relevé ce défi tout autant intellectuel, visuel, technique qu'économique, parmi lesquels Pierre Alechinsky, Georg Baselitz, Christiane Baumgartner, Pierre Buraglio, Gunter Damisch, Jim Dine, Franz Gertsch, David Hockney, Anselm Kiefer, Frédérique Loutz, Julie Mehretu, Richard Serra, Jose Maria Sicilia, Antoni Tapiès... et bien d'autres.

  • Avec la Révolution industrielle, la mobilité a connu un bouleversement sans précédent en Occident. La constitution du réseau ferré au XIX e siècle a permis de relier facilement des territoires autrefois éloignés, grâce à une vitesse de déplacement bien plus importante que celle de la marche, du bateau ou du cheval. Au XX e siècle, le développement du système automobile a intensifi é ces transformations en apportant la souplesse des horaires et les trajets en porte-à-porte. Enfi n, l'avion a permis de rejoindre en quelques heures seulement n'importe quel point du globe.
    L'organisation des territoires a été remodelée sous l'infl uence des possibilités offertes par ces nouveaux modes de transport.
    Nos modes de vie en ont été complètement transformés : ils sont beaucoup plus dispersés dans l'espace qu'auparavant.
    L'accès à une mobilité rapide a été vécu comme une liberté extraordinaire, dont témoignent les écrivains du début du XIX e siècle mais aussi les citadins chinois contemporains, qui ont connu en quarante ans le passage d'une société traditionnelle à une société mobile. Tous les continents sont concernés par ce « tournant de la mobilité ».
    Mais, si la mobilité est une formidable source de liberté, elle génère également des problèmes majeurs : pollution, émissions de gaz à effet de serre, étalement urbain, fatigue, congestion... Alors demain, pourrons-nous et voudrons nous encore nous déplacer autant ?

  • L'ouvrage nous plonge dans le milieu de l'art du xix e siècle, et en particulier celui des collectionneurs. Horace His de la Salle y apparaît comme une figure importante et singulière ; son érudition et sa grande libéralité marqueront et influenceront toute cette époque. His de la Salle se dessine comme un amoureux des arts tout comme un ami des arts. Rembrandt, Watteau, Géricault, Poussin..., il a su constituer une collection d'une exceptionnelle rareté, essentiellement de dessins mais aussi de sculptures et objets d'art. Dévoré par une passion altruiste, il désira transmettre son goût de la collection. Ainsi, ses oeuvres n'ont-elles cessé d'être mises à la disposition des autres. Il contribua aussi largement au développement des collections de musées et inaugura même dans certaines institutions les premiers legs d'amateurs, devenant un des grands donateurs des principaux cabinets de dessins de Paris, comme celui du Louvre et de l'École des beaux-arts, mais aussi des premiers musées de province, Dijon, Lyon ou Alençon.

  • Le Street art relève-t-il de l'art contemporain ou est-il un phénomène à part ? Difficilement classable depuis son origine, l'art urbain a, en tout état de cause, acquis une place majeure dans l'histoire récente de la création.
    Aujourd'hui, ce mouvement artistique entre au musée. Un événement qui pourrait sembler normal pour certains, étonnant, voire choquant pour d'autres, et qui représente surtout une véritable victoire. Hier encore, les interventions dans la rue des taggeurs et graffeurs étaient considérées comme du vandalisme et les relations entre les autorités et les « writers », comparées à celles du chat et de la souris. Désormais, nombreuses sont les villes qui passent commande à ces mêmes artistes pour la réalisation de fresques monumentales. Conquête urbaine témoigne de cette évolution d'un art illicite et contestataire vers une pratique non seulement acceptée mais même sollicitée par les acteurs publics.
    Banksy, JonOne, MadC, Shepard Fairey, Speedy Graphito, Alëxone... À travers une soixantaine d'oeuvres de Street art, des créations d'artistes précurseurs des années soixante à aujourd'hui, l'ouvrage retrace les origines et l'évolution de ce mouve- ment et en dévoile les caractéristiques fondamentales.

  • La gravure en clair-obscur est une gravure imprimée en couleurs grâce à un procédé spécifi que, consistant à décomposer la gra- vure en autant de matrices qu'il doit y avoir de couleurs ; là où, auparavant, la couleur était apportée à la main après impression.
    Expérimentée pour la première fois au cours des années 1500 en Europe, elle connut une large diffusion et suscita un intérêt évident chez certains peintres, qui trouvèrent là une nouvelle manière d'exprimer leurs recherches sur le rendu de la lumière, de l'ombre, du trait et des valeurs chromatiques. Les gravures en clair-obscur se caractérisent, en effet, par l'emploi d'une gamme de couleurs, certes limitées, mais déclinées en variations de teinte.
    Les estampes en clair-obscur ont été produites sur un long laps de temps, jusque dans les années 1650, avant d'être de nouveau à l'honneur à partir des années 1720. C'est cette longue histoire qu'explore cet ouvrage, qui dresse ainsi un panorama chronolo- gique et géographique de la gravure en couleurs, au travers des estampes les plus importantes et les plus représentatives gravées par les plus grands maîtres de la Renaissance et du Maniérisme européen.

  • Les 18 et 19 mai 2015, dans le cadre de la valorisation de son patrimoine vert, le Département des Hauts-de-Seine a organisé, avec la Fondation des Parcs et Jardins de France et la section française du Conseil intemational des monuments et des sites (ICOMOS). un colloque sur les jardins d'artistes au XIX· siècle en Europe.
    Il s'est tenu dans un lieu emblématique de la littérature romantique: le parc de la Vallée-aux-Loups, à Châtenay-Malabry, où François-René de Chateaubriand vécut pendant une dizaine d'années, se consacrant à l'écriture et à l'aménagement de son parc au milieu des bois.
    Deux jours durant, historiens de l'art des jardins, gestionnaires de parcs historiques et jardiniers, français et étrangers, ont discuté des liens que des poètes, des peintres et des musiciens, de Monet à Verdi en passant par George Sand, ont tissés tout au long du XIX· siècle entre leur oeuvre et les jardins où ils ont habité. Comment faire vivre de tels lieux, souvent intimistes et retirés du monde, aujourd'hui? Comment les restaurer, les gérer et les ouvrir au public?
    Ces actes réunissent les interventions du colloque, souvent enrichies par leurs auteurs.

  • En mars 2017, Jean-Pierre Lemaire est le premier hôte du Printemps des poètes organisé par la ville de Fontainebleau. Dans le même temps, Mathieu Wührmann est invité à présenter ses « Portraits d'arbres » dans la salle des fêtes du théâtre de la ville. Ce rapprochement du poète et du peintre est à l'origine d'un compagnonnage qui se manifeste aujourd'hui dans cet ouvrage.
    Peintre et poète ont deux points communs : ils reconnaissent tous deux la forêt de Fontainebleau comme un espace bienfaisant et une source d'inspiration particulière ; et, avant de se connaître, tous deux s'étaient appuyés sur la même pensée de Philippe Jaccottet pour évoquer la ligne directrice qu'ils souhaitent donner à leur travail : « Que l'effacement soit ma façon de resplendir. » On ne sent pas en effet dans leur démarche une volonté d'affirmer, d'imprimer une marque, d'inventer un langage nouveau, mais au plutôt une attitude qui privilégie l'attention, l'écoute, le désir d'entrer dans le mouvement de cette vie qui les attire et - selon leur voix singulière - l'espoir d'en témoigner avec humilité. Car à travers ces poèmes, parfois inédits, ces dessins, ces peintures et ces pages de carnets opère le charme si particulier de la forêt de Fontainebleau ; celui d'une réalité qui dépasse de loin le pitto- resque, la conscience fugitive de percevoir un lieu réel où résident véritablement le silence et la paix.
    La sélection d'oeuvres est accompagnée d'un entretien inédit avec Jean-Pierre Lemaire ainsi que des regards du peintre Alexandre Hollan, du critique d'art Alain Madeleine-Perdrillat et de Jacques Madelain, agrégé de Lettres et initiateur du projet.

  • Le processus pictural de Dan Barichasse est singulier. L'artiste dépose sur ses support, le plus souvent des papiers glacés, une succession de matières qui se répandent, s'étalent, se rencontrent pour aboutir à un hasard qui s'impose. Un langage pictural proche de la poésie prend alors forme. En sèchant, les toiles laissent affl eurer fi gures et évocations du minéral, du végétal, de l'animal et de l'humain. Ce travail questionne les processus de mutation de la matière qui, de recomposition en décomposition, se réduit à l'état de poussière et qui, régressant jusqu'à la genèse primordiale des formes, s'épure en spiritualité. Une extrême fl uidité caractérise les oeuvres de Dan Barichasse, dans lesquelles l'éphémère, l'ombre, la poussière et le feu font pacte avec l'inépuisable et vigoureuse insistance des formes.

  • Le Louvre conserve depuis la dernière guerre une coupole d'Antoine François Callet (1741-1823) peinte sur toile vers 1775 pour le pavillon du palais Bourbon à Paris. C'est l'un des rares vestiges conservés des « folies » à coupoles qui fleurirent dans le dernier quart du XVIIIe siècle.
    Construit par l'architecte Bellisard sur ordre de Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé, le pavillon était célèbre pour son décor intérieur. Peinte en trompe l'oeil, la coupole du salon imitait une galerie circulaire sur laquelle étaient disposées les fi gures mythologiques de Vénus et de sa suite. Démaroufl ée en 1846 lors de la destruction du bâtiment, découpée en treize tranches pour être envoyée en Allemagne en 1941, récupérée à Berlin par Rose Valland en 1947, la toile a été récemment restaurée et a pris place au centre du parcours des Objets d'art du XVIIIe siècle, au premier étage du pavillon Marengo. La longue et exemplaire campagne de restauration donne l'occasion de revenir sur l'histoire de ce décor, fort bien documentée grâce aux archives des Bourbon-Condé au château de Chantilly.

  • De son propre aveu, Zhu Hong (née en 1975, à Shanghai) aime visiter les musées. Tout l'y inspire : les collections, l'architecture, la scénographie, les éléments du décor, jusque dans les refl ets de la lumière sur les verres des dessins ou les vernis brillants des peintures, jusque dans les traces d'humidité et les déchirures laissées par le passage du temps et les aléas de l'histoire.
    Son travail de peintre et de dessinatrice s'y nourrit et elle y révèle par des évocations, des fragments, ce qui avait échappé à l'oeil du visiteur - et du conservateur.
    À l'invitation du musée de La Roche-sur-Yon, Zhu Hong est venue s'immerger dans les collections de dessins, estampes et photographies, passant d'un siècle à l'autre. Les traits de burin des gravures se changent en ciels infi nis de crayon graphite ; les allégories, les muses et les belles demoiselles des siècles passés s'effacent et se fragmentent sous ses pinceaux, et les photographies se diluent dans les tâches d'eau ou retournent à la lumière. La poésie et le mystère qui parcourent son oeuvre entraîne le spectateur dans un voyage sensible à la recherche du génie des arts qui sommeille dans les collections du musée.

  • ORLAN a toujours fait oeuvre de son corps et incarné dans sa chair toutes les complexités identitaires. Opérée, scannée, remo- délisée en 3D, virtualisée, hybridée, clonée..., son corps interroge et fait débat. Pour chacune de ses oeuvres et performances, elle convoque nouvelles technologies - qu'elles soient scientifi ques, médicales ou biologiques -, algorithmes et autres data.
    À l'occasion de l'exposition Artistes & Robots, qui se tiendra du 5 avril au 9 juillet 2018 au Grand Palais, elle pousse le proces- sus très loin en créant, avec une société de robotique française, un robot à son image : l'ORLANOÏDE. Si l'artiste a déjà conçu plusieurs sculptures lui ressemblant, en marbre, en 3D Printing ou en résine, cette oeuvre, dotée d'intelligence artifi cielle et collective, est animée et dialogue avec deux visages de l'artiste vidéoprojetés sur un grand écran. Les questions échangées sont celles imaginées par diverses personnalités du monde culturel et scientifi que qui ont accepté de participer au projet.
    Cet humanoïde nous dit combien « je est un autre », combien notre identité est faite par l'autre, combien nous sommes « autre », comme étrangers à nous-mêmes. Il questionne aussi les enjeux génétiques et technologiques de notre société.
    L'ouvrage est une invitation à suivre les étapes de la construction du robot, à entrer dans les coulisses de la création, du mou- lage, en passant par le tirage en plastiline, à l'IA, et à en comprendre le sens. Pour cela, l'oeuvre est aussi placée dans la conti- nuité du travail de l'artiste ; si elle en constitue le développement logique, elle représente véritablement l'apogée de la démarche artistique d'ORLAN.

  • Mathieu Cherkit

    Collectif

    • Lienart
    • 16 Mai 2019

    Mathieu Cherkit, né en 1982, est résolument un peintre figuratif. Il peint « sur le motif » et aborde l'exercice de la peinture par l'un de ses fondamentaux : la perspective centrale, dont Alberti et Dürer ont établi le procédé à la Renaissance. Le choix de l'emplacement, la désignation du point de vue décident de l'agencement du futur tableau. Ce qui va apparaître sur la toile sera une réduction homothétique de ce que l'artiste, placé à cet endroit précis, retiendra de la réalité. Libéré du souci de la compo- sition, il peut se concentrer sur la manière spécifique et personnelle selon laquelle il va élaborer le tableau. Apparemment par- faitement réalistes, ses toiles obéissent donc à un traitement de l'espace qui ne suit pas la logique du réel. Les règles conventionnelles et le réalisme sont abandonnés au profit d'expérimentations spatiales qui perturbent le regard.
    Le territoire de Mathieu Cherkit, c'est le pavillon de banlieue familial dans lequel il vivait jusqu'à présent et qui servait de sujet exclusif à sa peinture. Chacun de ses tableaux ouvre une porte sur une des pièces de cette maison, où la figure humaine est absente ou représentée de façon parcellaire pour mieux laisser la place aux objets qui les peuplent. Ce cadre résidentiel repré- senté de façon récurrente devient familier, mais cette familiarité se révèle rapidement parasitée par l'étrangeté : de singulières distorsions formelles, des portes d'entrée sur des microcosmes mentaux, intimes et oniriques. Une réflexion sur la peinture elle-même.

  • Extra fantômes

    Collectif

    • Lienart
    • 15 Avril 2016

    Les périodes d'intenses bouleversements technologiques sont propices aux histoires de fantômes, dont les spectres ont toujours hanté les machines. Celles de notre siècle paraissent étrangement vivantes dans leur autonomie grandissante. L'intrusion des technologies dans nos vies a d'abord enfl ammé nos imaginations, en étendant notre perception à l'invisible ou nous permettant de communiquer avec les esprits occultes. Les machines et les médias numériques ont colonisé notre quotidien, nous cohabitons maintenant avec ces agents sans parfois nous apercevoir de leur présence, qui tend à s'effacer de notre champ de vision. Par les capacités nouvelles dont elles nous dotent, les hori- zons qu'elles ouvrent, ces technologies nous transforment profondément. Nous nous dématérialisons en un fl ux constant et grandissant de données et d'informations, nous sortons de nos corps et nous éparpillons sur les réseaux.
    Serions-nous en train de devenir nous-mêmes des présences incertaines et fantômatiques ? Des artistes contemporains s'emparent des médias à leur disposition pour brouiller encore les frontières, entre ce qui est humain et ce qui ne l'est pas, entre l'invisible et le tangible, le virtuel et le réel. Ils jouent, détournent ou critiquent les technologies numériques pour questionner la manière dont elles nous métamor- phosent et modèlent nos imaginaires.
    En s'appuyant sur les contenus de l'exposition produite par la Gaîté lyrique, cet ouvrage collectif et polyphonique propose un panorama subjectif des technologies du temps présent mises en récit par des artistes et des chercheurs.

  • La production française pré-romantique, loin d'être l'apanage des grands maîtres de la période tels que David, Girodet, Gérard, Gros, Guérin, résulte de goûts partagés par nombre d'artistes restés dans l'ombre des premiers, et exprimés sous des formes variées - peinture d'histoire, scène de genre, paysage, portraits. Toutes les techniques et tous les médiums sont convoqués pour l'expression d'un mal-être, symptomatique d'une époque trouble tant sur le plan politique, économique que socioculturel.
    Une décennie après l'exposition emblématique de L'Invention du Sentiment, présentée à la Cité de la Musique en 2002, qui avait su habilement établir un discours sur ces notions fondamentales du sentiment et du sublime, l'exposition Visages de l'Effroi a pour ambition de porter un nouveau regard sur une production réévaluée par les historiens de l'art et s'attache à démontrer la richesse de la production française, demeurée en grande partie inédite, et souvent déconsidérée par rapport aux oeuvres-clef, symboliques de l'art romantique anglais et allemand.
    A travers un cheminement en trois parties - La Vertu et la Mort, Théâtralisation de la violence : la fascination romantique et Les affres de l'Au-delà - ce catalogue montre, par la réunion d'oeuvres françaises souvent inédites, le changement de représentation de la violence : suggérée à la fin du XVIIIe siècle, par la poids des convenances académiques, vécue jusque dans leur chair par les artistes au cours de la Révolution française qui transcendent cette omniprésente violence dans une peinture d'histoire qui éprouve les héros antiques, enfin mise en scène dans cette première moitié du XIXe siècle par la jeune génération romantique, fascinée par la démesure, la violence de l'histoire et les affres de l'Au-delà - enfants du siècle pris par l'ennui d'une époque sans tragédie, recherchant l'exaltation par la littérature.

  • L'art et la machine

    Collectif

    • Lienart
    • 22 Octobre 2015

    Un livre d'art sur un artiste d'origine coréenne, venu en France en 1969 pour découvrir les grandes traditions picturales issues de l'Impressionnisme, du Fauvisme de Matisse ou de Derain, et plus encore de l'Abstraction mode Kandinsky, Malevitch, Mondrian, Delaunay, Bissière, Hartung, Debré, Messagier... sans oublier les références peintres américains comme Pollock, Sam Francis, Rothko... voilà déjà qui attire l'attention .
    Et ce d'autant plus que l'artiste en question, Kim en Joong, né en 1940 près de Séoul a d'abord reçu des leçons de calligraphies, transmises par son père, dans la tradition bouddhiste. Que ce peintre, devenu catholique en 1967, devenu dominicain à Fribourg en Suisse en 1970, puis prêtre en 1974, ait gardé sa volonté de rester inscrit dans la tradition de la peinture abstraite sans renoncer à son sens de la calligraphie extrême orientale, voilà qui intrigue.
    Ce livre veut aider à comprendre ces traditions artistiques et spirituelles, pour entrevoir le processus créateur d'un artiste, Kim en Joong, libre de toute école. Les rencontres de Kim En joong, par delà les générations, avec des peintres comme Picasso et plus encore Matisse ou Cezanne, méritaient des mises en parallèle, voire en concurrence. Des chapitres sont consacrés à ces mises en référence...
    La rencontre improbable, mais combien émouvante qui eut lieu entre Kim en Joong (si soucieux d'abstraction picturale et de clarté extrême orientale) et Julien Green (si soucieux de figuration et de romantisme allemand, voire de souvenirs de Savannah en Amérique) intriguait tant qu'elle a mérité une présentation dans un chapitre spécifique.

  • Les pièces présentées dans ce catalogue, pour la plupart inédites et pensées pour les espaces de Maubuisson, sont un écho à l'histoire et à la matérialité de ce lieu. Maubuisson représente pour l'artiste un territoire de recherche et d'expériences physiques. Il explore des gestuelles précises, adaptées aux lieux, aux matériaux, aux objets, pour en extraire des fragments d'histoires. Dans la salle du Chapitre, ancien lieu d'inhumation, il présente vingt coffrages en bois brut ornés de fl eurs en marqueterie, évoquant les tombes des moniales. Ici, le sol est le lieu des morts : celui où sont enterrés les défunts. Avec Régis Perray, le visiteur a les pieds sur terre : il ne peut ignorer qu'il marche sur des morts quand il déambule en salle du Chapitre. Le sol est aussi une surface à soigner, à patiner, à subli- mer, comme pour ne pas oublier d'où l'on vient, s'ancrer solidement, prendre racine. Il est aussi le lieu de la renaissance : on peut y faire pousser des fl eurs.
    L'exposition de Régis Perray est empreinte d'une générosité propre à son auteur. Elle soigne les blessures en déposant une fleur sur la tombe des cisterciennes. Elle réconcilie avec le corps en nous engageant tout entier sur la patinoire. Elle fait entrer dans notre intérieur la couleur, la diversité et la beauté des fleurs. Elle rappelle la douceur des caresses sur la peau. Elle fait renaître la vie sur les ruines et offre une vision poétique pour le futur de l'abbaye en proposant la construction d'une chapelle. Chaque oeuvre est un don : Régis Perray partage avec le visiteur, ici une fleur, ici un tour de patinoire, ici une pensée pour les morts, ici une caresse. Quand l'art rencontre le coeur, c'est là toute la force de l'oeuvre de Régis Perray.

  • Panorama 2017

    Collectif

    L'atelier est une école ; l'école est un atelier où tout devient possible. Un territoire de liberté d'expression exigeant, un terrain de jeux fécond, propice au déploiement des forces créatrices de centaines d'étudiants, un chaudron fabuleux, un réservoir inouï de vitalité artistique.
    Plus de six cents élèves intégrent chaque année l'Atelier de Sèvres pour y suivre une année de préparation aux concours des grandes écoles d'art françaises et internationales. Vierges de tout savoir technique pour beaucoup d'entre eux et peu expéri- mentés en termes de connaissances et de pratiques artistiques, ils sont guidés tout au long du cursus par des enseignants- artistes et des intervenants et sont soutenus par des moyens techniques de haut niveau. Des milliers de réalisations voient alors le jour : dessins, peintures, installations, gravures, photographies, illustrations, sérigraphies, vidéos, céramiques, anima- tions, performances, éditions...
    Pour en garder une trace et les mettres en perspective, chaque année, les équipes de l'Atelier de Sèvres réalisent un Panorama des travaux réalisés par chacun des étudiants au cours de sa formation et, ce, quel que soit son cursus, art ou ani- mation. Un Panorama des talents artistiques en devenir, qui émergeront demain sur la scène contemporaine ou dans les mé- tiers des arts décoratifs... À mettre entre les mains des dénicheurs de talents et de tous ceux qui veulent rester en prise directe avec les réalités artistiques d'aujourd'hui.

  • Panorama 2016

    Collectif

    L'atelier est une école ; l'école est un atelier où tout devient possible. Un territoire de liberté d'expression exigeant, un terrain de jeux fécond, propice au déploiement des forces créatrices de centaines d'étudiants, un chaudron fabuleux, un réservoir inouï de vitalité artistique.
    Plus de six cents élèves intégrent chaque année l'Atelier de Sèvres pour y suivre une année de préparation aux concours des grandes écoles d'art françaises et internationales. Vierges de tout savoir technique pour beaucoup d'entre eux et peu expéri- mentés en termes de connaissances et de pratiques artistiques, ils sont guidés tout au long du cursus par des enseignants- artistes et des intervenants et sont soutenus par des moyens techniques de haut niveau. Des milliers de réalisations voient alors le jour : dessins, peintures, installations, gravures, photographies, illustrations, sérigraphies, vidéos, céramiques, anima- tions, performances, éditions...
    Pour en garder une trace et les mettres en perspective, chaque année, les équipes de l'Atelier de Sèvres réalisent un Panorama des travaux réalisés par chacun des étudiants au cours de sa formation et, ce, quel que soit son cursus, art ou ani- mation. Un Panorama des talents artistiques en devenir, qui émergeront demain sur la scène contemporaine ou dans les mé- tiers des arts décoratifs... À mettre entre les mains des dénicheurs de talents et de tous ceux qui veulent rester en prise directe avec les réalités artistiques d'aujourd'hui.

  • Isabel Duperray (née en 1966) travaille sur le paysage et l'inscription du corps dans celui-ci - de la nature sauvage aux baigneuses, du mythe à l'hédonisme contemporain. Elle reprend ainsi le fi l ininterrompu entre les artistes du passé et du présent qui s'inté- ressent aux liens entre notre regard sur le paysage et le rôle de la mémoire, des lieux, des oeuvres et des mots qui nous habitent quand nous parcourons un territoire, qu'il nous soit familier, intime ou étranger.
    Sa peinture s'appuie ainsi sur la résurgence d'images intimes dont la récurrence apparaît au fi l des années : paysage originel de l'enfance entrant en résonance avec un fond qui nous est commun, issu de l'histoire de l'art.
    Cet ouvrage est donc un dialogue entre des oeuvres - peintures, gravures et monotypes -, un auteur, Anthony Poiraudeau, et un historien de l'art, Jean-François Chevrier ; dialogue initié au sein d'une résidence croisée sur le thème du paysage, à la Maison Julien Gracq de Saint-Florent-le-Vieil en juin 2017. Une aventure autant humaine qu'artistique.

empty