Gallimard

  • Catalogue de l'exposition « Ex Africa » qui vise à montrer et à faire comprendre les relations qui existent aujourd'hui et depuis la fin du XXe siècle entre les arts contemporains et les arts africains anciens. Il s'agit d'en finir avec la notion de primitivisme telle qu'elle était énoncée en 1984 dans l'exposition « Primitivism » au MoMA et de montrer que les idées et les formes propres à ces arts sont aujourd'hui plus vivantes que jamais.

  • Après ses livres d'entretiens sur le monde de l'art contemporain qui ont connu un grand succès (Galeristes en 2010, Collectionneurs en 2012, Artistes, en 2014), Anne Martin-Fugier a interrogé quinze femmes actrices de l'art contemporain en France durant les cinquante dernières années.
    Elle n'a pas choisi des artistes, mais des « témoins », journalistes, galeristes, directrices d'institutions publiques et privées qui, partout en France, participent à la diffusion de l'art contemporain avec leur énergie et leur sensibilité. Leurs trajectoires et leurs récits constituent un panorama du monde culturel d'aujourd'hui.

  • Quelle est la fonction de la peinture contemporaine ? quels sont les rapports qu'elle entretient avec la musique, la poésie, les mathématiques, la biologie ?
    Quels sont les pouvoirs de la ligne, de l'espace, de la forme, de la couleur et comment expriment-ils notre conscience nouvelle de nous-mêmes et de l'univers ?
    Telles sont les questions fondamentales auxquelles klee apporte une réponse dans théorie de l'art moderne.
    Ce livre groupe pour la première fois l'ensemble des textes théoriques parus du vivant de l'artiste, dont les célèbres esquisses pédagogiques; il ouvre au lecteur le chemin de la création picturale.
    Il a, dans notre siècle, une importance égale à celle des carnets de vinci pour l'art et la pensée de la renaissance.

  • Huysmans (1848-1907), plutôt féru de Frans Hals et Rembrandt jusque-là, a avoué combien fut déterminante la découverte de Degas lors de l'exposition impressionniste de 1876, la deuxième du genre. L'artiste de la « commotion » jouira d'un statut particulier dans la critique d'art de l'écrivain, qui admet d'emblée la possibilité d'une double modernité : celle des peintres de la vie moderne, et celle des explorateurs du rêve. Son désir d'échapper aux logiques de chapelle aura toutefois porté tort à Huysmans, dont le massif critique souffre encore d'une méconnaissance relative. Cet ouvrage entend montrer que ce supposé ?ls de Zola agit davantage, et très tôt, en héritier de Baudelaire, sa véritable autorité, et Gautier, très souvent cité, comme si le romancier de Marthe s'était dès le départ doublé de celui d'À Rebours. Le lecteur est ainsi invité à reprendre pied dans un moment particulier de l'art européen et de la sensibilité moderne, à la croisée de la poussée naturaliste des années 1870, du décadentisme des années 1880-1890 et du « retour » aux Primitifs sur fond de renaissance catholique. Il est peu de grands écrivains qui aient été aussi impliqués que lui dans ce vaste mouvement d'époque.

  • Ce recueil de dix-huit textes, écrits entre 1988 et 2017, embrasse la multiplicité de l'oeuvre de Marc Fumaroli. Éminent spécialiste de la période d'Ancien Régime, l'auteur laisse ici transparaître toute sa passion et son enthousiasme pour les arts européens des XVIIe et XVIIIe siècles. Cet ouvrage, richement illustré, regroupe des textes extraits de catalogues d'exposition, de colloques, de conférences ainsi que des textes inédits, jamais encore publiés en France. Dans une langue limpide et savoureuse, Marc Fumaroli, critique d'art, fait ici valoir le rôle de la peinture et des peintres dans la diplomatie européenne, évoquant tour à tour certains des plus célèbres noms politiques et artistiques du Grand Siècle : Louis XIV, Poussin, Velasquez, Richelieu, Rubens, Fragonard...

  • Un peintre, un homme, un génie. Picasso fut un homme pour qui peindre voulait dire voir, et qui mieux que personne « vit » son siècle. Visionnaire, oui. Engagé corps et biens dans son absolu. Homme public dont l'existence tumultueuse fascina toujours les foules, il était aussi un personnage farouche, secret, imprévisible. Des premiers pigeons crayonnés de Málaga aux périodes bleue et rose, des folles années montmartroises aux Demoiselles d'Avignon, de l'explosion surréaliste à Guernica, des femmes en pleurs à la femme-fleur, il fut celui qui disait sans relâche : « Je ne cherche pas, je trouve. » Marie-Laure Bernadac et Paule du Bouchet retracent le destin d'un homme qui a marqué le vingtième siècle d'une empreinte de feu.

  • Après avoir été l'animateur d'un cirque de figurines miniatures et dessiné dans l'espace avec du fil de fer, Calder a inventé l'une des expressions les plus neuves et les plus audacieuses de la sculpture du xxe siècle : le mobile.
    Des formes abstraites en suspension décrivent dans l'espace la danse des planètes ou évoquent la faune et la flore naturelles. Ces constructions aériennes trouvent bientôt un pendant de poids avec les stabiles, géants de métal posés au sol. Avec eux, Calder est devenu l'un des principaux créateurs d'art public et monumental du siècle. Dépassant le mythe tenace de l'artiste-enfant et du génial bricoleur, Arnauld Pierre montre l'importance historique des inventions de Calder, dont il retrace la genèse et qu'il situe à leur véritable place : une des toutes premières.

  • Peintre, sculpteur, dessinateur, graveur, créateur d'objets d'art décoratif, écrivain, Alberto Giacometti n'a cessé d'explorer de nouvelles voies. Depuis ses débuts dans l'atelier de son père jusqu'à sa consécration internationale dans les années 1960, son parcours démontre une détermination farouche à inventer de nouveaux modes de représentation avec les moyens les plus réduits et à partir des motifs les plus traditionnels : le portrait, la nature morte, la figure humaine, le paysage. Sa brève incursion dans le surréalisme conforte sa croyance en une réalité au-delà des apparences, et c'est cette réalité en perpétuelle mutation qu'il cherche sans relâche à restituer. Ses oeuvres en s'accumulant avec le temps façonnent un monde inquiétant et merveilleux, mettant en évidence la cohérence de sa démarche. Dépassant l'imagerie réductrice de l'artiste solitaire et angoissé de l'époque existentialiste, Véronique Wiesinger montre la complexité contradictoire et la qualité expérimentale de l'oeuvre de Giacometti, à jamais contemporaine.

  • En 1874, Impression, soleil levant déchaîne la critique.
    Les impressionnistes, ces " malades de la rétine bouleverseront pourtant la peinture. Touche et couleurs sont fragmentées pour traduire les vibrations de la lumière, jusqu'à cette étape ultime, les Nymphéas, qui font de Monet l'un des précurseurs des abstraits. Sylvie Patin laisse parler le peintre. Une passion pour la nature, un regard, une vision, un oeil... - " Monet ce n'est qu'un oeil... Mais, bon Dieu, quel oeil ! ", s'exclamait Cézanne -, une vie immensément longue, un lieu, enfin, Giverny, désormais indissociable de l'oeuvre du maître.

  • D'un surréalisme peut-être le plus pur, les visions oniriques de ce «peintre-poète» que fut Miré ont déconcerté ses amis surréalistes - elles furent davantage comprises par les dissidents du mouvement, Bataille, Leiris, Einstein. La liberté de son art, résolument moderne, façonné dans le refuge catalan de Mont-roig et dans ses ateliers parisiens, le place en réalité en position d'écart radical au sein des avant-gardes du XXesiècle, tant il fait retentir une vibration personnelle, entre exigence permanente d'intériorité et désir d'universalité. Avec une obstination de stratège, Miró voulut aller «au-delà» de la peinture. Les défis qu'il s'est lancés - redonner à l'art le pouvoir originel perdu, la mission de revivifier par grands signes archétypaux les mythes immémoriels - l'ont conduit à explorer toutes les pratiques, qu'il n'a cessé de subvertir, avec un jeu d'humour et d'invention toujours en éveil.

  • Catalogue de l'exposition à l'Institut du Monde Arabe du 7 octobre 2019 au 19 janvier 2020.

    Dans le nord-ouest de l'Arabie Saoudite se niche une bourgade étonnante : al-'Ulâ.
    Elle s'étend dans un corridor naturel d'environ trente kilomètres de long, sur les rives d'un wadi encaissé entre deux imposants massifs de grès de plusieurs centaines de mètres de haut. Située à sept cents mètres d'altitude, al-'Ulâ bénéficie de conditions climatiques et hydrologiques qui ont permis le développement, depuis l'Antiquité, d'une agriculture associant le palmier dattier aux arbres fruitiers ainsi qu'aux cultures de légumineuses et de plantes fourragères. Ces ressources lui ont assuré la prospérité.
    La présence humaine est attestée à al-'Ulâ depuis la Préhistoire et perdure toujours.
    C'est aussi dans cette région qu'on trouve les premières inscriptions en langue puis en écriture nabatéo-arabe puis arabe à partir de la fin du Ve siècle.
    Les formations rocheuses d'al-'Ulâ, comparables à celles du Grand Canyon aux États-Unis, et les nombreux tombeaux rupestres de sa voisine, Madâin Sâlih, l'ancienne Hégra des Nabatéens et des Romains, en font une région exceptionnelle.
    Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le premier site saoudien à avoir été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, il y a plus de dix ans, est Madâin Sâlih, considérée comme la petite soeur de Pétra en Jordanie.

  • L'histoire de l'art a commencé avec les invasions barbares. Vers 1800, ces invasions sont devenues l'événement décisif par lequel l'Occident se serait engagé dans la modernité : le sang neuf des races du Nord, tout en conservant l'ancien, aurait apporté un art nouveau, nécessairement anti-romain et anti-classique, et dont l'héritage était encore manifeste en Europe. Avec ce récit fantastique, inséparable de la formation des États-nations et de la montée des nationalismes en Europe et fondé sur le double postulat de l'homogénéité et de la continuité des peuples « étrangers », les styles artistiques tombèrent dans l'entière dépendance du sang et de la race. L'histoire de l'art associa ses objets à des groupes raciaux en se fondant sur quelques singularités visibles : tantôt leurs qualités « tactiles » ou « optiques » les dénonçaient comme « latins » ou « germains » (Aloïs Riegl), tantôt la prédominance des éléments linéaires trahissait une origine méridionale, quand le « pictural » indiquait clairement une provenance germanique ou nordique (Heinrich Wölfflin). Les musées, eux, regroupèrent les productions des beaux-arts selon leur provenance géographique et l'appartenance « ethnique » de leurs créateurs. Il serait parfaitement vain de chercher à démontrer que l'histoire de l'art fut une discipline raciste. Elle ne l'aura été ni plus ni moins que les autres sciences sociales qui, toutes, furent touchées ou orientées par la pensée raciale visant à classer et hiérarchiser les hommes en fonction de traits somatiques et psychologiques qui leur étaient attribués. Mais les liens qu'elle a tissés entre les hommes et leurs objets artistiques, ne sont pas encore tranchés : l'opinion la plus commune sur l'art est qu'il incarne au mieux le génie des peuples.Aujourd'hui encore l'essentialisme racial, ethnique ou national s'affiche dans la déploraton de la fin, avec la gobalisation, de l'imperméabilité des cultures. Sur le marché de l'art mondialisé, malgré l'extrême mobilité des identités, la provenance ethnico-raciale exhibée des oeuvres - « Black », « African American », « Latino » ou « Native American » - donne à ces objets d'échange une plus-value estimable. Ainsi s'expose en permanence une redoutable concurrence des « races » - cette même concurrence qui présida aux commencements de l'histoire de l'art.

  • D'Adel Abdessemed, artiste dont la langue n'est que forme pure, Hélène Cixous est depuis plusieurs années la voix, le porte-voix, peut-être la pythie. Elle parvient à approcher, comme personne jusqu'alors, l'oeuvre de l'artiste dont elle donne le ton et le timbre, dont elle met au jour la pulsion souveraine, inentamée et, pourtant, innocente.
    Né en 1971 à Constantine, Adel Abdessemed quitte l'Algérie dans des circonstances dramatiques en 1994 et devient bientôt un artiste dont la reconnaissance se dispute à la controverse. Pour preuve sa vidéo Don't trust me (2008) où figurent des scènes d'abattage d'animaux à coups de masse, et sa sculpture monumentale du Coup de tête de Zidane exposée sur le parvis du Centre Pompidou lors de l'ambitieuse exposition qui lui est réservée en 2012.
    L'artiste ne saurait être violent ou transgressif : il ne fait que présenter, que représenter la violence à l'oeuvre dans le monde, sans puritanisme ni jugement moral. Ainsi est le monde, ainsi sont les bêtes, Ecce Homo, nous disent Adel Abdessemed et, à sa suite, Hélène Cixous.
    Faibles, oubliés, migrants, balayeurs, animaux que l'on abat ou que l'on révère : le bestiaire de l'artiste sera évoqué par des oeuvres majeures, souvent récentes.
    À cet effet, Hélène Cixous a choisi pour accompagner son texte une cinquantaine de dessins à la craie noire et de sculptures monumentales qui, magnifiques, rendent tous justice au talent protéiforme de l'un des artistes les plus importants du siècle.

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