Comédie antique et classique

  • «Quoi? un essaim de femmes au coeur frêle, parler au peuple? et comment feront-elles?» Sur une place de l'Athènes antique, au petit matin, plusieurs femmes vêtues en hommes se réunissent. Secrètement, à l'abri des regards masculins, elles forment un plan : ce sont elles, désormais, qui seront à la tête de l'illustre cité et qui recomposeront à leur gré un modèle de société où elles jouissent de droits neufs...

    Satire politique habillée de grivoiseries, cette pièce est l'une des plus réjouissantes de la comédie grecque antique.

  • Les grands textes du XVIIe siècle.

    En 1671, Molière est au sommet de sa gloire d'auteur et d'acteur. Mais il est découragé, épuisé par les soucis, la maladie. Il ne lui reste plus que deux années à vivre. Composées à la hâte, Les Fourberies de Scapin franchiront les siècles comme une de ses oeuvres les plus étourdissantes. Veut-il, avant de s'en aller, nous dire que la vie n'est qu'une farce et une tromperie ?
    Il endosse l'habit du valet napolitain, ce génie de l'embrouille et de l'impudence, ivre de ruses et d'insolence, acharné à ridiculiser les vieillards et la société. « C'est un rôle exténuant. J'y laisserai ma peau mais ils en auront pour leur argent. » Près de quatre siècles après, Molière nous parle encore à travers ce marginal prodigieux, pour nous contraindre au rire et au plaisir.

    @ Disponible chez 12-21.
    L'éditeur numérique.

  • En novembre 1659, l'énorme succès des Précieuses ridicules surprend Molière. Le public plébiscite son génie comique. Il découvre alors que son théâtre dispose d'une matière inépuisable : la satire des moeurs de l'époque, ses excès, ses vices, ses ridicules qui sont d'ailleurs intemporels. Mais il ne sait pas encore que les manières prétentieuses de Cathos et Magdelon, ces deux êtres dévorés de snobisme et de mondanité, ne quitteront jamais le répertoire. La farce joue aujourd'hui encore de ses stratagèmes et de ses déguisements, et s'incarne dans des gens que l'on croise tous les jours.

    @ Disponible chez 12-21.
    Léditeur numérique.

  • Les grands textes du XVIIe siècle.

    Infortuné Monsieur Jourdain, égaré par son absurde vanité, sa prétention, son snobisme dévorant. Moqué, berné, il s'est livré à ses maîtres d'armes, de danse ou de philosophie... Des canailles ! Au grand désespoir de sa femme, il affole ses gens par ses déguisements, s'entiche d'une comtesse, refuse un charmant roturier à sa fille car il rêve de la donner en mariage au grand Turc...
    Le miracle est que le génie de Molière transforme en chef-d'oeuvre cette comédie-ballet écrite à la diable et Monsieur Jourdain en figure éternellement vivante.

    @ Disponible chez 12-21.
    L'éditeur numérique.

  • La marmite ; Pseudolus

    Plaute

    Danse, travestissements, musique, chants, jeux de mots, ruses et mensonges - les éléments caractéristiques de la comédie romaine antique sont abondamment exploités dans l'oeuvre de Plaute, peu connue des metteurs en scène contemporains. Fondateur de la dramaturgie occidentale, ne serait-ce que par les personnages auxquels il a donné jour - du vieil avare de La Marmite au valet rusé de Pseudolus -, le théâtre de Plaute est aussi singulièrement moderne, par la violence sociale qu'il met en scène avec une stupéfiante liberté de ton.
    La traduction de Florence Dupont rend à Plaute sa brutalité, son impertinence et sa crudité, et rappelle que son théâtre est avant tout un théâtre du jeu, un théâtre de l'acteur - un théâtre vivant.

  • Fils du grand humaniste Adrien de Turnèbe, et élevé selon ses voeux, le jeune Odet vit sa carrière trop tôt fauchée : il mourut le 20 juillet 1581, à l'âge de 28 ans, ne laissant à la postérité pratiquement que cette comédie.

    En plus d'un sens, Les Contens sont une oeuvre unique, et passent, à très juste titre, pour le chef-d'oeuvre de notre comédie renaissante. Ils représentent l'aboutissement le plus achevé, le fleuron de tout l'effort mené depuis une trentaine d'années pour créer en France le genre de la comédie littéraire moderne. Si Les Contens, composés par Turnèbe en 1580 ou 1581 mais laissés manuscrits à sa mort, restent, par l'art et la pensée du dramaturge, une oeuvre singulière, ils se nourrissent des acquis français, eux-mêmes tributaires des sources italiennes.

    Dans la marche de l'intrigue, dans l'organisation du mouvement scénique des Contens, Turnèbe déploie déjà ses talents. C'est aussi un des attraits des Contens d'avoir su restituer la vie sur la scène - impression qui est due en grande partie à la prose choisie par Turnèbe. Il fait surtout merveille dans l'invention des personnages ; ayant observé la vie, il peut être original, alors même qu'il s'inspire fortement des traditions comiques italiennes et françaises de la Renaissance. Pas plus que le rire n'est éclatant chez Turnèbe, la satire n'est virulente. Pourtant le regard du dramaturge est aigu, acéré sur le monde qu'il met en scène, assez profondément immoral, mais sans cynisme. On voit chez Turnèbe plus d'indulgence que de mépris pour les hommes tels qu'ils sont, plutôt un détachement lucide mais souriant. Plus grinçants, Les Contens n'apporteraient pas ce bonheur au lecteur.

  • Ovide, le grand poète de toutes les séductions, le favori des élégances romaines, s'est trou vé brutalement exilé par Auguste sur les bords lointains de la mer Noire : parages barbares à ses yeux. Sa douleur, au coeur d'un exil qui le fige loin de la Ville et de ses bonheurs enfuis, n'efface pas tout à fait le rêve d'un retour. Mais à quel prix serait-ce ? On saisit ici l'homme blessé au moment intense où l'arrivée d'un nouvel envoyé du Prince, fonctionnaire cynique et madré, vient concentrer soudain de vant lui la résurgence d'un fol espoir. La sentence sera-t-elle levée ? Il y faudrait qu'Ovide trahisse les habitants colonisés qui l'ont accueilli gé néreusement et qui songent à une révolte ar mée. Aminda, fille de ces contrées, héritière des Amazones, est déchirée entre sa passion pour le poète et sa fidélité à son peuple opprimé. Unité de lieu, unité de temps. Au fil de ces trois actes, entre raison et passion, entre politique et littérature, entre rumeur et vérité, entre réalisme et générosité, le sort balance.

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