Poésie autre

  • A

    Louis Zukofsky

    • Nous
    • 6 Novembre 2020

    Livre culte, oeuvre majeure de la litte´rature ame´ricaine du vingtie`me sie`cle et aboutissement d'un immense travail de traduction qui aura dure´ une vingtaine d'anne´es, « A » est enfin accessible en franc¸ais dans son e´dition inte´grale.
    Chef-d'oeuvre de Louis Zukofsky et sommet de l'objectivisme, la publication de « A » est l'e´ve´nement poe´sie de ces dernie`res anne´es.

    Zukofsky disait de « A » : « ces mots sont ma vie » - il y aura consacre´ quarante cinq anne´es de travail.
    Oeuvre majeure de la modernite´ ame´ricaine, « A » peut e^tre lu a` la fois comme un manifeste, le te´moignage d'une vie traverse´e par les espoirs et les de´sastres du sie`cle dernier, une que^te de l'amitie´ (Ezra Pound, William Carlos Williams) et un chant d'amour pour sa femme Celia. Dans « A » se me^lent inextricablement la vie de Louis et de sa famille, les e´ve´nements historiques du vingtie`me sie`cle, la musique, une re´flexion morale et politique hante´e par la pre´sence textuelle de Marx et Spinoza. Les 24 sections qui composent « A » - 24 comme les heures d'une journe´e - re´ve`lent une me´thode de composition d'une grande audace, qui alterne le vers rime´, le vers libre, le collage, la correspondance, les citations, l'e´criture the´a^trale, l'e´criture musicale...
    Le mode`le prosodique demeure le vers de Shakespeare, son mode`le rythmique, l'art de la fugue et du contrepoint de Bach.

  • Les plus beaux poèmes d'amour de la langue françaiseDe «L'amour lointain» des troubadours jusqu'aux «Yeux d'Elsa», si profonds qu'Aragon y perdait la mémoire, notre poésie française porte en elle tout l'amour du monde. Amour de jeunesse ou de maturité, amour-passion, amour-tendresse, amour perdu et retrouvé, amour rêvé ou amour fou : voici, du XIIe siècle à nos jours, les plus beaux poèmes inspirés par le sentiment amoureux réunis dans ce livre. Le poème d'amour est sûrement le meilleur dénominateur commun entre les êtres, en tout temps et en tous lieux, parce que les mots porteurs d'amour ont valeur universelle. J. O.

  • Emmanuel Hocquard (1940-2019) est l'un des grands poètes français du dernier demi-siècle : l'un de ceux qui auront contribué à repenser de fond en comble l'écriture poétique, à lui imaginer des formes et des orientations nouvelles. Parmi ses livres majeurs (tous publiés chez P. O. L), citons Les Elégies, Théorie des tables, Un test de solitude, ma haie, Une grammaire de Tanger... L'aventure d'Orange Export Ltd.
    Inaugure le parcours d'écrivain d'Emmanuel Hocquard. Fondée au début des années 1970 avec la peintre Raquel, cette minuscule maison d'édition aura joué un rôle souterrain - mais déterminant - en réunissant une constellation de poètes qui devaient s'affirmer comme des auteurs marquants de leur génération. Imprimés à la main (et à peu d'exemplaires) dans l'atelier de Malakoff, ces livres brefs témoignent aussi d'une des dernières inventions collectives de la poésie française, avant sa dissémination actuelle.
    Un volume rassemblant l'intégralité des publications d'Orange Export Ltd. , augmentées de divers documents, avait été publié chez Flammarion en 1986. C'est cet ouvrage - épuisé de longue date - que nous republions aujourd'hui à l'identique, tel qu'Emmanuel Hocquard l'avait conçu. Une importante préface de Stéphane Baquey situe l'apport de cette étonnante aventure éditoriale dans l'histoire littéraire contemporaine.

  • Depuis ses Exercices d'incendie (1994), Sandra Moussempès poursuit son travail expérimental, ludique et grave à la fois. Elle a publié plusieurs titres aux éditions de l'Attente et quatre volumes dans la collection Poésie/Flammarion, de Vestiges de fillette (1997) à Sunny girls (2015). Je vois au loin un ciel rose et un ciel noir en moi Je remplace la poésie par des boissons protéinées Ou des cerises en gélatine pour combler un déficit Je deviens le poème que j'écris De la glotte aux muqueuses préraphaélites Poème cicatrice ou flacon d'eau de rose Dans une chambre obscure avec un dessin animé que personne ne regarde Le poème se tient là devant toi corridor sans porte A la verticale

  • À l'origine, une source, unique, précise. Le pétrarquisme jaillit de l'oeuvre et du nom de Pétrarque. Philosophe, linguiste, homme d'Église et de pouvoir, humaniste, il est aussi l'un des plus grands poètes occidentaux. Conquis par une Laure entrevue dans l'église Sainte-Claire d'Avignon en avril 1327, le poète florentin développe une nouvelle poésie d'amour où sa dame assume une dimension que l'on peut dire « moderne ». Laure meurt prématurément, la poésie de Pétrarque se libère de la menace d'amours trop sensuelles et laisse transparaître la beauté et la douleur de la passion d'un poète humain. Il perfectionne le sonnet dont il révèle toute l'élégance et la richesse. En même temps, son patriotisme et son attachement à sa langue maternelle le poussent à composer des poésies en langue Vulgaire, élevant les langues vernaculaires au rang des modèles antiques.

    Le succès de la poésie de Pétrarque est tel que, de sa source, se répand un courant littéraire pétrarquiste. L'oeuvre du Toscan se propage partout en Italie dès le xve siècle. Dans chaque ville, de nombreux poètes y puisent avant d'en renforcer le cours par de multiples productions qui rendent hommage au modèle imité. Et le courant est si fort qu'il dépasse les frontières. Il inonde les poésies française et espagnole dès le xvie siècle. Et les plus grands poètes s'y abreuvent, tandis qu'en Italie l'imitation est si diffuse qu'il est délicat, parfois, de savoir si les nouveaux poètes s'inspirent du Florentin ou des pétrarquistes locaux. Il en va bientôt de même en France où d'aucuns renient leur source d'inspiration première, forgent des courants nationaux, pour ne pas dire nationalistes. L'oeuvre de Pétrarque atteint le Portugal, les rives de l'Angleterre, puis remonte, au xviie siècle, le cours des fleuves vers l'Allemagne.

    La vague de la mode pétrarquiste n'est pas une onde régulière, et tandis qu'elle apparaît ici, elle est ailleurs au plus bas ; puis resurgit plus loin, dans le temps. Quelles sont ces voies suivies par les multiples courants pétrarquistes ? Quels poètes les empruntent ? Que reste-t-il, si loin de leur source, des vers du poète toscan ? Le livre tente de répondre à ces interrogations pour souligner, dans le même temps, la dimension pluriculturelle et évolutive de la poésie d'amour de la Renaissance - au sens large du terme -, dans une Europe en quête de langues nationales reconnues, de formes poétiques nouvelles, mais aussi, plus largement, d'identités politiques et religieuses, affermies.

  • « Pourquoi le Persan estime-t-il à tel point ses grands poètes, lesquels ont acquis chez nous une vénération quasi religieuse?
    Quelle est la nature de ce rapport intime qui lie le Persan à ses poètes dont les messages investissent tout son être et pénètrent profondément la substance de son âme? » C'est à partir de cette interrogation que Darius Shayegan, l'un des plus importants penseurs iraniens vivants, nous introduit aux cinq grands poètes persans, on pourrait presque dire les cinq « saints » de la Perse :
    Ferdowsî, qui par son Shahnameh ou Livre des rois, refonda l'identité persane en inscrivant son présent musulman dans un passé immémorial incarné par la langue persane ; Omar Khayyâm, le libre penseur mystique ; Mowlânâ Rûmî, auteur du Mesnevi, surnommé « le Coran persan » ; Sa'dî l'humaniste et Hâfez le mystérieux, incarnations de la poésie pure. Chacun représente une facette de l'âme iranienne toujours vivante, comme en témoigne l'immense succès de ce livre en Iran : neuf réimpressions en un an !

  • Irréductible à une définition simple, la poésie incite à réunir autour d'elle une constellation de mots qui l'éclairent par facettes.
    En poète, Jean-Michel Maulpoix convoque donc des verbes qui disent les gestes d'un travail (couper, lier), d'autres qui désignent des mouvements du corps et de la pensée (se retourner, s'en aller) ; des substantifs qui marquent l'étendue d'un champ d'expérience (chair, terre, mémoire, désir), d'un espace préféré (paysage, jardin), ou d'objet (fenêtre, fontaine), ou d'états (fureur, mélancolie) et de formes (alexandrin, ode, fragment)... Une place est même réservée aux pronoms (je et tu).
    C'est ainsi l'expérience humaine qui défile sous nos yeux et déborde du cadre de la page. Peut-être est-ce cela même qu'il faut retenir de cet abécédaire sensible :
    La poésie est moins faite pour aboutir à un beau livre que pour nous rendre à la vie même.

  • Lutterie électrique est un livre qui porte sur des questions de poétique propres au travail du poète Samuel Rochery. Il prend la forme d'un échange entre Steve Savage et l'auteur, afin d'élucider les raisons, parfois simplement les causes, d'une position qui peut s'entendre comme la fabrication d'un instrument de lutte, fût-ce avec les moyens du bord, pour que puisse passer un courant dans la langue - au-delà de ce qu'on range déjà sous le nom de littérature. On y cherchera à savoir comment s'articule l'improvisation à l'idée du livre achevé, pourquoi et comment lier la musique rock à la poésie, en quel sens une figurine peut remplacer le personnage littéraire, en quoi le poète est lyrique (comme tout le monde), et que son lyrisme, il lui appartient d'en faire autre chose.

  • Le numéro 175 poursuit la réflexion entamée dans le numéro 174 sur la traduction et la retraduction. Inspirée des méditations de Tiphaine Samoyault sur Traduction et violence (Paris, Seuil, 2020), cette réflexion donne lieu des développements théoriques (Barbara Cassin, Giovanni Lombardo) et à de nombreuses traductions réflexives.

  • Un premier ouvrage de référence pour goûter à l'impressionnante vitalité de la poésie haïtienne d'expression créole et la faire enfin accéder à l'audience plus large qu'elle mérite, à l'évidence, de rencontrer.

    «Puisse la poésie haïtienne de langue créole être connue dans les langues du monde par l'entreprise toujours à risque de la traduction. C'est pour nous un plaisir esthétique et une responsabilité citoyenne d'apporter notre contribution à cette reconnaissance internationale tant méritée".
    «Aujourd'hui, le poète haïtien de langue créole n'est plus condamné à la solitude militante des années de dictature. Son lectorat s'est élargi. Les textes sont lus ou déclamés dans des événements culturels et littéraires. [...] La presse et l'establishment littéraire haïtiens rendent plus ou moins compte de ce qui s'écrit en créole, ce qui n'est malheureusement pas encore le cas de la critique étrangère.» Mehdi Chalmers et Lyonel Trouillot

  • Tandis qu'au dehors le ciel se couvre, le volume 24 de la revue Nioques donne, à travers une quinzaine de propositions, textes ou images, des nouvelles de "ce qui se passe", au centre et dans les périphéries, dehors (la rue où l'on manifeste) et dedans, à l'intime, là où l'on marche en aveugle, à travers le Temps qui fait rage. Beaucoup des textes ici réunis sont de tout jeunes écrivains, qui s'interrogent (où est l'égalité? où sommes nous ? quelle langue est la nôtre, la leur ? comment dire ? ).
    Il s'agit donc bien, comme disent certains d'entre eux, de pratiquer une sorte de "météorologie" politique et morale. Ou d'une forme d'"activisme" à la recherche, incertaine, d'un "point d'impact". A travers les méandres d'une prose bien souvent narrative mais prête à tout instant à sauter avec fracas sous les yeux du lecteur. Au sommaire : Zaffarano/ Denimal/ Jawad/ Soyer/ Keryna/ Farizier/ Cellule I.
    Song/Pozner/Marzaioli/Penblanc/Theuriet/Dyonisiou/Eligert/Savoye/Bernhardt/Sainton

  • Titanic

    Benjamin Fondane

    Benjamin Fondane était un sismographe, a pu écrire Maurice Roche, non pas qu'il enregistrait les secousses, mais parce qu'il les prévoyait. Ses poèmes annonçaient le désastre imminent qu'allait connaître les juifs et l'humanité tout entière. C'est particulièrement vrai du recueil Titanic, écrit en 1936, au moment où le Front populaire arrivait au pouvoir en France et où Fondane effectuait son second voyage en Argentine afin d'y tourner le film Tararira, alors qu'il espérait trouver dans ce pays une terre d'exil.

    C'est un re^ve effrayant et je m'y trouve encore.
    - Une chose mouvante et qu'on appelle Terre coule a` pic, lentement, hors du regard de l'e^tre...
    A` ba^bord, le linge se`che comme avant le de´luge, calme le jeu d'e´checs se poursuit, un pion avance, la danse dans le hall pe´ne`tre dans les chairs avec l'odeur sucre´e des tropiques... [...].

    A` cinq minutes de la fin du monde l'orchestre attaque le Tonnerre...
    La Beaute´ meurt d'e´puisement sur les genoux des spectateurs e´mus par cette Nuit savoureuse entre toutes...

  • Comme un long coucher de soleil estival, déclinant lentement dans la violence de son rayonnement, la poésie de Jean-Louis Jacquier-Roux nous entraîne vers un automne plus humain que climatique, et cherche dans autrui son reflet d'un regard impatient et d'un oeil bienveillant.
    Jean-Louis Jacquier-Roux connaît l'Italie centrale mieux que la plupart des Italiens. Curieux, inquiet, des années durant il a arpenté les bourgs médiévaux en ruine et les cités fortifiées sans rien changer à son programme. Le hasard de la conjoncture lui est souvent imposé par les « accidents du voyage » : fausses routes, édifices vus de loin, rencontres à l'improviste dans les rues. On a vraiment l'impression que de tout cela il réussit à puiser sa présence au monde, son rapport violent avec ce en quoi il s'immerge.
    Le regard de ce poète sur la vie est compassionnel, continuellement à l'affût : la « marche sur les oeufs », qui évoque un respect silencieux et sacré devant les pierres d'Assise, sa confrontation diabolique avec l'impossibilité de sauver, à chaque réveil, quelque chose de plus solide que « les plantes et les arbustes ». Une lutte au cours de laquelle il aperçoit à l'autre bout de la corde un Dieu présent et muet. C'est un combat entre la difficulté de vivre et l'amour de la vie.

  • Le but de ce manuel est de montrer la cohérence d'une histoire poétique qui, du Moyen Âge jusqu'à environ 1960, privilégie l'évolution des mouvements et des formes poétiques en même temps que la présentation des grandes oeuvres. Ce manuel est une invitation à découvrir la richesse des oeuvres poétiques de langue française.

  • Drôle, Ironique, Satirique, Interpellant, Etrange. Des qualificatifs attribués à ces petits textes originaux, en prose rimée qui racontent tous une histoire avec des mots simples, imagés voire percutants pour passer un bon moment de lecture seul(e) ou en société amicale. Ecriture moderne qui se prête à la scène privée. Un regard, un constat sur les phénomènes de société et la femme mésaventureuse. L'auteure se met en scène et dérisionne avec un HUMOUR décalé,quasiment tout ce qui se passe dans la vie. Une approche qui ne manque pas d'intérêt et faite pour divertir un maximum. Présentés sous forme de poème par esthétique, ces mini histoires sont dotées presque toutes d'une fausse moralité pour nous amuser...nous interpeller, réfléchir, constater, réagir. Sous la couette, aux toilettes, sur la banquette, en vacances, entre amis, en cadeau, ce livre est indémodable, se lit, se relit sans modération.

  • Matin ou soir peu importe les cloches nous ponctuent En août 2014, en Syrie, Anne-Lise Blanchard découvre les villes fantômes de Qousayr, Homs. Les maisons des quartiers chrétiens ont été incendiées pour empêcher tout retour, une bombe a été placée dans la cathédrale de Homs. Elle écoute les paroles des déplacés en Syrie, des réfugiés au Liban. « Je les recueille comme de précieux fragments d'une vérité dénaturée, d'un quotidien ignoré ». « Nous vivons l'oecuménisme du sang » affirme en juin 2015 le patriarche catholique melkite d'Antioche. Ce sang répandu, comme la dignité rencontrée, Anne-Lise Blanchard avait promis d'en rendre compte. « Le danger sera là bientôt, chez vous, donc il faut être vigilant, éveillé, être vrai. L'Occident est complètement endormi » averti le Père Ephrem, dominicain irakien. De manière bouleversante, Le Soleil s'est réfugié dans les cailloux fait résonner poétiquement cet avertissement.
    Qu'elles mettent en branle qu'elles suspendent nos gestes avec jubilation elles traversent emportent nos corps écrivant la page du commun ouvrage Anne-Lise Blanchard nomadise entre les Alpes, Lyon et le Proche Orient où elle oeuvre avec une organisation humanitaire auprès des chrétiens persécutés (SOS Chrétiens d'Orient).

  • Témoins de leur époque, de leur civilisation et des systèmes de pensée de leur temps, Omar Khayam, Li Po et Charles Baudelaire sont parmi les plus célèbres des poètes qui, à travers le monde, ont chanté le vin. Par-delà les siècles et les cultures, le regard d'une étonnante proximité et d'une fascinante modernité qu'ils portent sur la vie est universel et intemporel. Omar Khayam, l'astronome perse pessimiste et lucide qui vécut vers l'an mille et qui ne croyait pas au Ciel, Li Po en Chine, le poète de cour du huitième siècle également moine taoïste empreint de nature et de spiritualité, Baudelaire enfin, en France au dix-neuvième siècle, le poète du spleen qui s'interroge en pleine révolution industrielle : trois visions puissantes et complémentaires où s'exprime une véritable réflexion commune sur l'homme face à sa destinée, face à la puissance de la nature et à l'écoulement inexorable du temps.

  • La revue Po&sie a été fondée en 1977 par Michel Deguy, poète et philosophe, qui en est le rédacteur en chef. C'est une publication trimestrielle : quatre numéros par an, ou deux numéros simples et un numéro double (numéro spécial).
    La revue publie la poésie de toute forme et de toute époque, des temps anciens jusqu'à l'extrême contemporain. Depuis sa création, elle fait une large place à la poésie venue d'ailleurs, dont la traduction est souvent accompagnée du texte original. À ce dialogue avec des poètes étrangers ont été consacrés plusieurs numéros spéciaux - Chine, Corée, Japon, Italie, Afrique... - qui ont fait l'objet d'une présentation en France par les auteurs invités et leur traducteurs, et parfois dans le pays d'origine.
    La revue Po&sie est inscrite dans son temps et accueille le débat contemporain.
    La poésie y côtoie les textes de philosophie et de critique littéraire, d'auteurs français ou de toute autre langue.

  • Au seuil de cet étonnant jardin, sont convoqués toutes sortes de personnages, à commencer par des philosophes familiers de l'auteur en passant par quelques poètes et même, plus curieusement, par des personnages politiques actuels. Ainsi, Aristote est appelé à la rescousse pour défendre la légitimité organique du ver de terre. Puis c'est au tour de Lorca dans une évocation de l'escargot en phase avec le jardinier rêvant d'une « révolution citoyenne » qui viendrait à bout des « salades mercantiles des puissants de ce monde ». Quant aux politiques, on y croise Hortefeux et ses « auvergnats » indésirables ou DSK au moment d'évoquer les escargots et leurs incroyables performances sexuelles.
    En lisant ces pages, on apprendra beaucoup de choses, non seulement sur l'auteur mais aussi sur la flore et la faune d'un simple jardin, sans parler de la paisible et délicate sagesse qui se dégage de cet ensemble de poèmes.

  • En Iran, la poésie libertaire a existé depuis toujours si l'on considère que Ferdowsi, auteur d'un Livre des rois (Chahnameh), au Xe siècle après Jésus Christ, a oeuvré durant une trentaine d'année pour libérer la langue persane du joug de l'envahisseur arabe. Une résistance autant culturelle que formelle qui vaut à l'Iran d'aujourd'hui de parler encore la langue perse héritée des ancêtres achéménides ou sassanides.
    Viennent ensuite d'autres générations de poètes réfractaires, marquant leurs préférences et leurs oppositions face à toute sorte de totalitarisme : idéologique, religieux, social... La liste est longue des tyrannies qui se succèdent sur le plateau iranien engendrant autant d'anticorps poétiques dont le plus fameux, le plus illustre, le plus populaire, celui traduit en un multitude de langues, Khayyam de Nichapour.
    Ses quatrains traduisent l'obsession d'une immanence radicale face aux promesses d'un arrière monde aléatoire. Vient ensuite Hafez de Chiraz dont le Divan, recueil de poèmes lyriques, constitue l'oeuvre maîtresse chère au coeur de tous les Iraniens, et que des " modernes " tels que Chamlou ont étudié, édité, avec une approche nouvelle suscitant parfois la polémique. Ils sont toujours là, aujourd'hui encore, ces monuments, habitant les coeurs et les pensées de voix contemporaines, phares en quête permanente de vitalité nouvelle.
    Extrait du Prélude

  • "Avec cet essai original, l'auteur revisite treize livres - qui sont autant de chefs-d'oeuvre - sous un angle inattendu, en s'attardant sur le médiocre, le laid et le trivial d'univers aussi disparates que la mécanique, la guerre, la prison, la maladie ou la prostitution. Entreprise quelque peu baroque, en forme de gageure sans aucun doute, mais qui veut simplement « réhabiliter » une certaine littérature, à mi-chemin entre la narration impersonnelle et la confession intime ; et de la sorte laisser entrevoir une autre conception et une autre perception de la poésie, où le prosaïque est transcendé au prisme de l'imaginaire et où l'écriture sublime les pires vulgarités."

  • "Chacun de ces poèmes est un petit univers où brille notre imaginaire lors d'une rencontre, d'une pensée, d'une présence humaine ou végétale, minérale ou historique... C'est le rôle que Michel Cosem assigne à la poésie pour qu'elle donne grâce à la magie de l'écriture couleurs à toutes choses et d'en partager la beauté."

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