Pauvreté / Exclusion

  • Humanitaires : partir, revenir, mourir un peu Nouv.

    La mort côtoyée au quotidien, une conciliation travail-famille impossible, des relations à distance imposées: voilà le genre de vie auquel souscrivent des milliers de travailleurs humanitaires. Une balle perdue en Iran, un enfant enlevé au Libéria, des vies emportées par l'eau en Birmanie... Chaque expérience est unique et pose la sempiternelle question: comment reconstruire sa vie et s'émouvoir à nouveau du quotidien quand on a assisté aux pires horreurs? Peut-on un jour se remettre complètement de déracinements en séries? Ce sont à ces questions que tentent de répondre humblement des hommes et des femmes - médecins, infirmiers, logisticiens, juristes, anthropologues et autres - qui ont en commun d'avoir vécu des choses hors du commun. En filigrane de leurs histoires, bouleversantes, se dessine un doute: «Suis-je à ma place ici, et vais-je réussir à réintégrer une vie normale?»

  • De la rue à la route Nouv.

    De la rue à la route

    ,

    • Favre
    • 23 Septembre 2021

    On parle de « tomber » à la rue. Une fois à terre, deux solutions se présentent : ramper ou se relever. Pour Gaël, ce fut une chute rapide qu'il n'a pas vu venir. Il avait dix-neuf ans quand il s'est retrouvé sans domicile fixe. Cela a provoqué une douleur vive et sourde à la fois, éprouvante physiquement, avec des hivers rudes et aucun toit au-dessus de sa tête pour endurer la faim et la fatigue. Mais vivre comme un vagabond acculé à la mendicité représente davantage encore une souffrance intérieure, avec la honte, la peur, la solitude, le danger.
    Et pourtant, Gaël ne s'est jamais plaint. Ce livre n'est pas le destin d'un exclus qui se présente en victime. Mais au contraire, le récit d'un cheminement accompli avec dignité et ténacité, allant de rencontres en découvertes, prouvant au monde qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre et développant un véritable art de la débrouille, une philosophie de vie.
    Excellant dans les défis de construction et les travaux d'extérieur, appréciant la nature qui l'entoure et aménageant plusieurs camions, il s'est ensuite installé dans un camping-car, désormais sa maison roulante. Gaël travaille ainsi comme saisonnier nomade et parcourt la France, attentif à ses beautés et ouvert à l'aventure.
    C'est son histoire pleine de rebondissements et d'anecdotes qu'il nous raconte sur un ton complice, avec la fierté de s'en être bien sorti et avoir appris à aimer la vie malgré ses coups durs. Ce livre, plein d'humanité et d'espoir, nous donne envie d'être généreux et reconnaissants, et nous invite à poser un autre regard sur ceux qui vivent différemment.

  • Ce matin-là, elle a pris des vieux vêtements plus très propres, des ballerines à la semelle trouée, une veste informe. Elle s'est habillée discrètement et a enfoncé un bonnet sur sa tête, a pris un gobelet et sa pancarte et s'est assise seule contre un mur.

    Elle a commencé à mendier dans nos rues.

    Elle, c'est Fatiha Saidi. Dans ce livre, elle raconte ce que signifie l'invisibilité, la disparition aux yeux du monde, la chute à terre, dans tous les sens du terme.

    Au-delà d'une expérience hors norme qui l'a bouleversée et qu'elle relate avec respect pour celles et ceux qui hantent nos rues, Fatiha Saidi nous prend par la main, nous invite à poser un regard sur un monde que nous croisons sans le voir. Sans jugement de valeur et sans moralisme, son ouvrage nous bouscule et nous incite à la réflexion sur le phénomène de la grande pauvreté.

    Bouleversant et terriblement humain, ce récit est un coup dans le ventre. On y entend murmurer « s'il vous plaît, une petite pièce ».

  • En 1986, ma maison est saisie par l'huissier. Six copains l'achètent et je continue à y habiter avec ma femme et mes trois enfants. Cette solidarité, c'est toute l'histoire de Petit, mais debout !
    Du Congo aux H.L.M. nazairiens, des jeunes, des paysans, des immigrés, des locataires s'organisent pour vivre dignement. Pendant ces soixante années, j'ai cheminé avec eux, animateur, coopérant, maraîcher ou parent d'élèves... Nous avons agi avec optimisme et détermination pour rester debout. Nous n'avons pas tout réussi, mais ces fragilités partagées ont été notre force de vie.

  • Neuf redoublements, un échec au brevet. Qui ne se serait pas laissé gagner par le découragement ? Oui, mais Arash Derambarsh nourrit un rêve d'enfance, son obsession, sa ligne d'horizon contre vents et marées.
    Ce recordman français du redoublement témoigne ici de son parcours incroyable. Éternel dernier de la classe, il réussit, à force de détermination, à devenir docteur en droit et avocat au barreau de Paris. Il raconte ses difficultés - l'immersion brutale au collège, les multiples avertissements « comportement et travail », le sentiment d'isolement... -, mais aussi ses efforts pour parvenir à son but. Et ce dans un système scolaire français qui peine à accepter que l'échec n'est pas synonyme de défaite et que la volonté peut mener loin.
    Dans ce récit touchant, l'auteur délivre une véritable leçon positive, où chacun est incité à repenser sa propre attitude face aux obstacles - et ne peut qu'en ressortir grandi.

  • Le dernier salaire

    Margaux Gilquin

    • Xo
    • 7 Avril 2016

    Le cri de colère d'une femme confrontée au chômage et à la précarité Margaux a 48 ans lorsqu'elle perd son emploi. Elle a pourtant tout fait, dans sa vie, pour obtenir une belle situation, passant son bac à plus de trente ans. Tout le monde lui dit qu'elle n'aura aucun mal à retrouver un contrat à durée indéterminée. Mais c'est un voyage éprouvant qui commence...

    Elle affronte l'arrogance de jeunes DRH, se perd dans les rendez-vous de Pôle emploi, accepte tout ce qui se présente, tracte son CV dans les aéroports, joue les démonstratrices dans des supermarchés, se démenant pour garder la tête haute et l'estime d'elle-même.

    Alternant humour corrosif, tristesse et colère, Margaux se bat pour ne pas recevoir un jour son "dernier salaire", terme élégant par lequel elle désigne ses dernières allocations chômage.

    Et puis, un matin...

    En France, les femmes de plus de 50 ans subissent de plein fouet la crise de l'emploi. Sans travail, sans reconnaissance, avec moins de 500 euros par mois, elles vivent avec la peur permanente de terminer leur existence dans la rue.

    « C'est un livre qu'on ne peut pas lâcher. » Marie-Madeleine Sève, L'Express L'entreprise « Poignant récit. Vous aurez du mal à retenir vos larmes. » La Voix du Nord « [Margaux Gilquin] raconte son combat dans un livre qui témoigne d'une réalité vécue par des millions de Français. » Le Pèlerin « Margaux raconte sans colère, sans haine, sans mépris, et c'est là l'une des grandes beautés de son témoignage ; cette envie de dignité, ce besoin de survivre malgré la peur qui cisaille, qui coupe la langue et les jambes parfois. » Grégoire Delacourt .


    Prix du Meilleur Ouvrage sur le Monde du Travail 2017, catégorie "Salariés"

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