• La critique de la propriété est à l'ordre du jour. On a vu, ces dernières années, se développer une réflexion sur le rôle de la rente dans le creusement des inégalités (Piketty) ou sur la nécessité de rendre certains biens à la propriété collective ( Dardot et Laval). Le livre de Pierre Crétois se situe dans ce champ, où il trace un sillon original. Il n'aborde pas le problème seulement par ses effets délétères, mais le reprend à la racine.
    La propriété privée s'élabore à partir de la Renaissance, en tant que pendant de la souveraineté politique : l'individu règne en maître sur ses choses comme le souverain sur ses sujets. Elle devient un droit naturel, celui de la personne à jouir comme elle l'entend des fruits de son travail. La Révolution sanctuarisera cette idée dans la Déclaration des droits de l'homme. C'est là que les difficultés surgissent. Il n'a jamais existé dans la réalité de propriété absolument privée : les choses ne sont pas appropriables en tant que telles, mais sont des lieux où se rencontrent des existences et activités individuelles et collectives. Le propriétaire ne doit plus être conçu comme un despote sur son domaine, mais comme membre de communautés et d'écosystèmes.
    Pierre Crétois fait donc d'une pierre deux coups : il démystifie la propriété privée, en la débarrassant des fadaises libérales et libertariennes, et la replace au centre de la politique.
    Pas d'émancipation sans transformation de la propriété.

  • Ce livre trace la genèse de l'État social depuis Hobbes jusqu'aux penseurs solidaristes. En passant par Locke, les physiocrates et Rousseau, l'ouvrage s'efforce de montrer comment l'État social se présente comme une alternative possible à l'atomisation d'une société façonnée par la propriété privée.

  • L'Etat est-il une puissance contraignante ? C'est ce dont on se plaint souvent : en raison des lois, des impôts et d'une série de charges imposées par la vie civile, l'autorité politique nous apparaît, la plupart du temps, comme un obstacle à la liberté.
    Le défi que se donne Rousseau dans le Contrat social est, au contraire, de montrer que non seulement l'Etat libère, mais surtout qu'il est, dans son fondement, l'expression de la libre volonté du peuple. C'est la condition sans laquelle il ne saurait être légitime. Mais comment des restrictions peuvent-elles être compatibles avec la liberté ? Associer la vie civile et la liberté est-il une gageure insoluble ? A moins que Rousseau ne parvienne, dans cet ouvrage, à jeter les bases d'une théorie de l'autorité politique promotrice de liberté ?

  • Dans la société libérale moderne, dans laquelle la liberté individuelle est fortement liée à la capacité d'appropriation, la communauté des biens est devenue presque impensable, et intrinsèquement illégitime. Or, paradoxalement en un sens, s'est articulé dans le même temps le thème de la propriété publique.
    De fait, celle-ci se donne souvent, pour ses défenseurs comme aussi pour certains critiques du régime économique libéral, comme un moyen effi cace de lutte contre les déséquilibres sociaux induits par le marché. Mais elle a pourtant aussi, et d'emblée, fait l'objet du soupçon selon lequel elle ne servirait en réalité que de soutien, ou au mieux de paravent à la logique individualiste d'appropriation.
    Elle serait alors vouée à l'échec, faute de s'attaquer radicalement à la cause même du mal : le primat de l'appropriation individuelle, source perpétuelle d'inégalités en contradiction fl agrante avec l'idéal démocratique dont elle se réclame pourtant.
    La question du statut de la propriété publique constitue donc une porte d'entrée stratégique pour comprendre les modes de mise en oeuvre de la démocratie réelle dans les Etats modernes. Elle invite, en particulier, à confronter la notion de propriété publique à celles, aujourd'hui en vogue, de propriété commune et de biens communs, lesquelles évoquent un fondement radicalement égalitaire des relations sociales, qui se situerait en-deçà des institutions politiques, et notamment étatiques. On peut ainsi se demander ce que peuvent être concrètement les biens communs, et comment ils ont été ou sont encore pensables dans un cadre juridique fortement marqué par la notion de propriété. Quelles sont les voies d'institutionnalisation du commun ? Et peut-on considérer que, historiquement, l'État républicain en France en ait été une forme à un degré ou à un autre ?

  • Dans un cadre économique, la dette résulte d'un contrat entre deux personnes et/ou institutions dans un contexte où l'une et l'autre sont réputées pouvoir faire un choix non-contraint et suffisamment éclairé. La dette est ainsi celle des individus ou institutions les moins favorisés envers les détenteurs de capitaux. Cette conception de la dette est double puisque, tout à la fois, elle acte un mécanisme de pouvoir (la dette étant une injonction à payer), mais elle est aussi un mécanisme de déliaison (puisqu'une fois la dette acquittée, on se trouve affranchi de toute obligation). La dette est donc, paradoxalement, un outil de dressage violent («?tu paieras tes dettes?») mais aussi un vecteur d'atomisation sociale.
    Face à cette conception à la fois autoritaire et individualisante de la dette, il existe une autre approche qui tend à se représenter l'existence d'une dette fondamentale reliant puissamment l'individu au groupe auquel il appartient. Dans cette perspective, développée en anthropologie et en théorie politique, le concept de dette renvoie à l'intuition fondamentale selon laquelle chaque individu est toujours déjà endetté, et donc redevable, à l'égard de la société à qui il doit tout ce qu'il est. Il en va ici de l'idée selon laquelle chaque individu doit sa situation aux efforts accomplis par les générations passées et/ou les autres membres de la société pour construire et préserver les institutions politiques et sociales qui permettent de garantir le bien ou l'intérêt commun.

  • Clefs concours s'adressant à tous les candidats aux concours, en particulier scientifiques.
    Clefs concours offre une synthèse par sujet. Conçu comme un repère par rapport aux monographies et aux cours et comme un outil de révision, chaque ouvrage est articulé autour de fiches permettant de faire le point rapidement, efficacement et intelligemment. Synthèse du travail de spécialistes des questions au programme et de profs de prépa, Clefs concours permet de consolider ses connaissances quel que soit son niveau de départ.
    Clefs concours Français/Philo. Tous les titres sont organisés autour d'une structure commune : des repères : une dose de culture générale pour bien comprendre la question. Les oeuvres : introduites, expliquées et analysées. Le thème à travers les oeuvres : les problématiques qui structurent le sujet. Des outils pour : resituer (chronologies), parcourir (résumés), se rappeler (points sur les personnages, lieux et références), comprendre (glossaire des notions), restituer (des citations classées).
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