• Dans cet essai novateur élaboré à partir de l'exemple allemand, Jean-Numa Ducange éclaire un pan méconnu de l'histoire de la gauche européenne, quand son idéal de solidarité des ouvriers du monde entier, par-delà les frontières, se confrontait à la réalité, parfois violente, des nationalités. Une question aujourd'hui encore essentielle.
    La gauche doit-elle défendre la nation ? Crise du projet européen, mises en cause des frontières, retour des nationalismes et xénophobie font chaque jour l'actualité. Le dépassement des frontières nationales, qui semblait un temps aller de soi, n'était-il pas une erreur de diagnostic ? Dans des sociétés plurielles, comment peuvent coexister des populations qui ne disposent pas, à l'origine, d'une histoire partagée ?
    Toutes ces interrogations furent débattues par la gauche européenne au cours de son histoire. Dans cet essai novateur élaboré à partir du monde germanophone, Jean-Numa Ducange restitue ce grand débat qui occupa les têtes pensantes du socialisme, comme le quotidien des militants. Dans la seconde moitié du xixe siècle, les premiers partis socialistes durent se confronter à une évidence : l'extension du marché et du capitalisme, pas plus que les luttes des travailleurs à l'échelle internationale, n'ont conduit à la disparition des nations. Le Parti social-démocrate allemand n'est à l'époque pas seul à proposer des solutions, mais nul n'a alors plus d'influence à l'étranger : de Paris à Moscou, il fascine. Surtout, lui et son alter ego autrichien sont confrontés aux problèmes posés par la coexistence de multiples nationalités, tandis que la question coloniale s'impose sur le devant de la scène.

  • Karl Marx est universellement connu pour ses théories sociales et économiques, notamment autour du capital. De nombreux mouvements révolutionnaires ont adopté sa pensée, le marxisme.
    L'ouvrage de JN Ducang reprend en les vulgarisant la pensée de Marx ainsi que son ouvrage majeur qui reste une référence : Le Capital. Il s'intéresse également à sa postérité et son influence de sa mort à nos jours.

  • Jules Guesde est l'une des personnalités les plus marquantes de la gauche française et l'une des plus controversées. Militant infatigable et brillant orateur, il est l'un des premiers à introduire la pensée marxiste en France et à vouloir structurer le monde ouvrier par un parti politique afin de s'opposer au capitalisme. Malgré son intransigeance et son dogmatisme, Jean Jaurès choisit de s'allier avec lui. Le "guesdisme" fut ainsi déterminant dans la fondation du parti socialiste français et son vocabulaire de la "lutte des classes" aura marqué tout le XXe siècle.
    Dans cette biographie originale, Jean-Numa Ducange nous fait découvrir cet homme politique hors normes de la Troisième République, trop souvent méconnu, et qui aura pesé de tout son poids dans l'histoire du socialisme en France.

  • Marx de a a z Nouv.

  • Les héritiers politiques de Marx des social-démocraties allemande et autrichienne entendent fixer leur lecture de la Révolution française en publiant à partir de 1889 ouvrages, articles et brochures. Ces écrits vont servir de fondement à une tradition d'interprétation de la « Grande Révolution » , enseignée et transmise au travers d'un impressionnant dispositif de formation et de diffusion. Étudiée ici grâce à l'exploitation de fonds d'archives peu connus, cette tradition qui tend à fixer une vulgate auprès d'un large milieu militant se heurte aux évolutions des social-démocraties et surgissement des révolutions en 1905 et 1917.

  • Une synthèse sur l'impact de la Révolution française au niveau européen et international depuis 1789.

  • Que signifie le terme « socialisme » en ce début du XXIe siècle ? Où et comment sont nés les divers projets socialistes au XIXe siècle ? Quelles furent leurs destinées selon les pays ? Le socialisme a-t-il un avenir, et si oui sous quelles formes ? Cet ouvrage entend analyser les multiples réalités auxquelles renvoie le terme « socialisme » au cours des deux derniers siècles, en cherchant à rendre compte de la façon la plus exhaustive possible des développements théoriques comme des expériences historiques concrètes. Il ne sera pas question de valoriser ou dévaloriser telle ou telle forme de socialisme, mais d'examiner la diversité des pratiques et des idées. De la social-démocratie à l'extrême gauche, des plus gestionnaires aux plus contestataires, tous les courants y ont leur place.

    Cette histoire globale se présente sous la forme d'un dictionnaire avec trois grandes parties : « Les mots du socialisme » (partie conceptuelle), « Moments » (grandes dates), « Figures » (personnages historiques). Cet ouvrage s'adresse aussi bien aux spécialistes des questions politiques qu'à un public plus large.

  • A l'automne 1793, la Convention nationale décrète que le gouvernement de la République sera "révolutionnaire jusqu'à la paix", c'est-à-dire "extraordinaire". Alors que la République est assiégée de toutes parts, des institutions "révolutionnaires" lui permettent de triompher de ses adversaires. En Thermidor, la coalition qui a éliminé Robespierre invente l'idée d'un "système de terreur" ou d'une "politique de terreur" désormais caducs avec la mort du "tyran".
    Elle assimile ainsi la notion de "terreur" à un mode de gouvernement, là où les mesures répressives n'étaient qu'un des leviers actionnés par le gouvernement révolutionnaire. L'historiographie devait faire le reste, avec cet usage d'un article défini et d'une majuscule pour évoquer la Terreur. Avec cet exemple, les révolutionnaires des XIXe et XXe siècles ont été amenés à réfléchir sur la notion de "salut public" et sur l'usage de la "dictature".
    Ils ont dû eux aussi penser l'exception politique, prendre position sur le recours à la violence, inventer des politiques qui leur permettraient de faire triompher leurs idées. Ils ont également été conduits à réfléchir sur l'association entre révolution et guerre. L'exception politique a ensuite nourri de nombreuses réflexions fondées sur ces deux processus historiques, notamment depuis les années 1970, autour par exemple des théories du philosophe italien Giorgio Agamben.
    Ce volume entend interroger les diverses manières par lesquelles les modèles révolutionnaires ont circulé entre la Révolution française et celle de 1917 en Russie. Il ne s'agit évidemment pas de juxtaposer des récits révolutionnaires, mais d'étudier comment des cas concrets ont donné à penser, mais aussi à mettre en pratique l'exception politique en révolution

  • « Les hommes doivent être à même de vivre pour pouvoir faire l'histoire. » Les hommes font leur propre histoire, Karl Marx n'est pas le premier à le dire. Il est en revanche le premier à s'être attaché aux conditions fondamentales de toute histoire : les besoins des hommes et les rapports sociaux. Car pour Marx, témoin et historien des révolutions, c'est l'action qui est déterminante : il s'agit de penser l'histoire pour la faire, ce qui est impossible si l'on ne prend pas en compte les conditions de vie réelles des hommes. Écrire l'histoire, faire l'histoire, vivre... C'est sur cette articulation essentielle entre savoir historique, action historique et conditions d'existence des acteurs de l'histoire que le philosophe Mohamed Fayçal Touati et l'historien Jean-Numa Ducange nous proposent leurs regards croisés. Ils exposent ici les fondements de la conception matérialiste de l'histoire, et analysent les textes et l'action de Marx au moment des révolutions de 1848 et 1871, offrant au lecteur des pistes pour (re)découvrir cette théorie de l'histoire ouverte, lucide et politique.

  • André Tosel, décédé en mars 2017, était un philosophe engagé, attaché tout au long de son existence à faire vivre un marxisme critique puisant notamment dans le meilleur de la tradition italienne de ce courant de pensée ; il fut l'un des rares français à introduire et discuter les oeuvres majeures d'A. Labriola et surtout d'A. Gramsci, ainsi par ailleurs que celles de Vico dont il fut un fin connaisseur. Il consacra sa thèse de doctorat d'état aux rapports entre religion, politique et philosophie chez Spinoza et contribua de façon décisive à de nouvelles lectures du philosophe en le mettant en miroir de Marx. Professeur de philosophie des universités de Besançon, Franche Comté, de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de Nice Sophia-Antipolis, dans lesquelles il occupa de nombreuses fonctions de directions administratives et scientifiques, il était un homme de collectif attaché à faire vivre le savoir, s'engageant dans la vie universitaire et politique, contribuant également de manière décisive au lancement et à l'animation de la revue Actuel Marx. Passionné par l'évolution des pensées contemporaines, il intervenait régulièrement dans des débats d'actualité, sous la forme de contributions dans L'Humanité ou dans des ouvrages destinés à un public large, tout particulièrement dans la dernière période sur les questions de sécularisation, de laïcité et de religion. Cet ouvrage entend lui rendre hommage en abordant les différentes facettes de son oeuvre, traversant un demi-siècle de vie intellectuelle.

  • L'oeuvre de Nicos Poulantzas (1936-1979) alimente aujourd'hui au plan international les recherches marxistes parmi les plus novatrices. Poulantzas a fait évoluer le marxisme sur des voies inexplorées, tout en l'ouvrant à des influences extérieures, comme celle de Michel Foucault. Son oeuvre se situe à la charnière de deux époques : le capitalisme d'après-guerre, avec son cycle de croissance ininterrompu de trois décennies, et la période de crise débutée dans les années 1970, dont nous ne sommes pas encore sortis. C'est ce qui confère à la pensée de Poulantzas sa grande actualité.
    Aujourd'hui, de nouvelles générations de chercheurs partent à la découverte de cette pensée, et cherchent à la mettre à contribution pour comprendre les évolutions du capitalisme contemporain. C'est dans ce mouvement de redécouverte du marxisme que cet ouvrage s'inscrit.

  • Marx est un penseur politique majeur, en dépit de préjugés tenaces. Mais en quoi consiste précisément sa pensée politique ? Pour répondre à cette question, ce livre présente des recherches internationales récentes qui renouvellent le regard sur Marx - théoricien, journaliste et militant - et affirment l'actualité de sa pensée. Cet ouvrage collectif aborde divers terrains : philosophie, histoire, économie, théorie politique, question sociale.
    Stathis Kouvélakis montre que la critique de l'Etat conduit Marx à repenser les rapports entre économie et politique. Ellen Meiksins Wood relie critique du capitalisme, analyse des luttes de classe, examen des questions de la démocratie, du genre et de la race, en les replaçant dans une perspective historique de longue durée. Kevin Anderson remet en cause l'idée reçue d'un Marx ethnocentriste et insiste sur sa réflexion concernant les sociétés non occidentales.
    Guillaume Fondu aborde de façon critique l'économie politique hétérodoxe contemporaine. Antoine Artous revient sur la théorie de la valeur en discutant un livre de Moishe Postone qui a fait date. Fenêtre ouverte sur un marxisme contemporain divers et vivace, ce livre montre que l'oeuvre de Marx et ses prolongements sont indispensables pour penser la transformation sociale et l'action politique aujourd'hui.
    Les deux textes anglais sont traduits par Paul Guillibert et Frédéric Monferrand.

  • En octobre 2017, une enquête montrait qu'un jeune Français sur deux rejetait l'idée selon laquelle « le mot communisme fait ancien, dépassé ». Plus d'un quart des sondés exprimait une opinion positive sur la « pensée de Karl Marx ».
    Malgré la disparition de l'URSS, l'effondrement du Parti communiste, les séquelles laissées par le stalinisme et la doxa affirmant qu'« il n'y a pas d'alternative », le spectre de Marx hante toujours l'imaginaire français. Nul hasard à cela : la vie intellectuelle comme l'histoire politique de la France ont été durablement marquées par les présences multiples de Marx.
    Deux siècles après la naissance de ce dernier, en 1818, cet ouvrage offre un éclairage historique et sociologique sur la façon dont la pensée de Marx a été reçue dans le contexte français, du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Il propose non pas une nouvelle interprétation de Marx, mais un décryptage des formes complexes qu'y a prises son oeuvre.
    Analysant la place et l'influence de Marx dans le débat intellectuel, politique et artistique français, de l'extrême gauche à la droite aronienne, et jusque dans le monde colonial francophone, les contributeurs de cet ouvrage proposent un regard singulier qui permet de comprendre les usages - et mésusages - d'une oeuvre qui reste parmi les plus importantes de l'époque contemporaine.

  • Histoire de l'Autriche : 1918 - 1938 Nouv.

    Tout ce dont l'étudiant a besoin pour le sujet 2022-2023 d'histoire du tronc commun de l'agrégation d'Allemand. Comme tous les Clefs-concours, l'ouvrage est structuré en trois parties :
    - Repères : le contexte historique.
    - Thèmes : comprendre les enjeux du programme.
    - Outils : pour retrouver rapidement une définition, une date, un personnage, une référence.

  • Cette synthèse fait le point sur les programmes, les stratégies et l'importance des partis situés à la gauche des partis sociaux-démocrates dans tous les pays de l'Union européenne.

  • Jaurès pacifiste, dreyfusard, père du socialisme réconcilié avec la République. Toutes ces images bien sûr recouvrent une certaine réalité, mais elles n'épuisent pas les questions entourant le personnage. Comment, en particulier, Jaurès a-t-il perçu le monde nouveau qui s'annonce durant ces années où le xixe siècle bascule vers le xxe ?

    L'oeuvre de Jaurès ne porte pas seulement la marque d'un siècle qui s'attarde. À l'inverse de préjugés largement répandus, plus Jaurès vieillit, plus il se montre ouvert à la compréhension d'un monde internationalisé et pluriel, qu'il observe avec un enthousiasme interrogateur. Cette quête jaurésienne du pluralisme culturel se lit aussi bien dans sa critique de l'ordre colonial que dans sa découverte de l'Amérique, autant dans son interrogation sur les formes de la culture scolaire, dans sa lutte contre la peine de mort que dans sa définition du socialisme comme culture. Il se penche de la même manière sur les premiers mouvements qui s'érigent contre l'omnipotence européenne, en Asie ou encore au Maghreb. Lui qui avait été un temps un soutien déterminé de la colonisation, le voici qui s'ouvre, notamment à propos du Maroc, à sa critique progressive, voire à une hostilité manifeste. Il cherche en général à comprendre avec une force renouvelée la rencontre des cultures locales, nationales ou internationales, avec la volonté qu'elle soit le signe, non de la fermeture et de la barbarie, mais de la construction d'une nouvelle humanité. C'est ce Jaurès original et attentif aux questions du nouveau siècle que ce volume invite à découvrir.

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