Littérature générale

  • « Après trois quarts de siècle qui ont laissé des encoches, des brûlures et des blessures dans ma mémoire, les hasards d'une existence et d'une carrière non programmée ayant fait que je me suis retrouvé au coeur de la plupart des événements qui ont façonné le monde d'aujourd'hui, je me retourne, sidéré... Comment est-il possible que j'aie vécu tout ça ? » La vie de Jean-François Kahn est un véritable roman. Le roman d'un homme fasciné par l'Histoire et par l'art de décrypter l'Histoire : le journalisme. Observateur des folies du communisme, des dérives du colonialisme, de la montée de l'extrême droite, le grand reporter raconte enfin, dans ce premier tome de ses mémoires, sa traversée d'un siècle fou, où l'on croyait tout possible - et où tout fut possible, hélas.

    Se retournant sur sa vie, et tout étonné encore des événements dont il fut le témoin, il nous livre un récit plein d'aventures et de drôlerie, traversé de révolutions et de coups d'État, de guerres extérieures et intestines, d'humanisme et de terreur, de misères et de servitudes - bref, de bruit et de fureur, de rires et de larmes.

    Conteur formidable, il offre aussi aux lecteurs des portraits saisissants de Nasser et de Che Guevara, d'Albert Camus et d'André Malraux, de de Gaulle et de Mitterrand, d'Hubert Beuve-Méry et de Françoise Giroud.

    Les mémoires de la mémoire du siècle.

  • « Qui aurait imaginé, au début du xxe siècle, qu'en France une force politique qu'on qualifie d'extrême droite ou, de façon réductrice, de «populiste», mais représente la forme spécifiquement française d'un néofascisme de notre temps, serait en mesure de gagner l'élection présidentielle et donc de parvenir au pouvoir ? Qui ?
    Comment en est-on arrivé là ?
    Quelles erreurs, nombreuses, redondantes, colossales parfois, a-t-il fallu commettre pour que soit devenu, non pas encore probable au moment où j'écris ces lignes, mais concevable ce qui était jugé radicalement impensable il y a encore quelque temps ?
    C'est, terrifié par cette perspective, convaincu qu'il faut absolument désigner et analyser ces errements pour cesser de les reproduire et exorciser le spectre du désastre qui en serait la conséquence, c'est décidé à consacrer ce qui me reste d'existence possible à déconstruire ça pour éviter ça, que j'ai entrepris cette exploration. Ce décryptage, non seulement des racines et des ailes de nos erreurs d'aujourd'hui confrontées au risque de réédition des catastrophes d'hier, mais également des dimensions intériorisées et historicisées, idéologiques et psychiques de l'erreur en général. »

  • Abécédaire mal-pensant

    Jean-François Kahn

    • Plon
    • 15 Novembre 2007

    Il participe, au nom des valeurs qui fondent l'humanisme républicain, du combat éternel contre une restauration impérialisto-monarchique toujours recommencée. Pour ce faire, l'auteur utilise toutes les armes : l'humour, la dérision, la verve pamphlétaire, mais aussi l'Histoire, la philosophie, la littérature, la réflexion économique qu'une tradition encyclopédiste et voltairienne met à sa disposition. Avec en filigrane, cette question : tout cela, a-t-on encore le droit de l'écrire ou de le dire oe

  • Complément au Dictionnaire incorrect et à L'Abécédaire mal pensant, ces Dernières Salves viennent clore une manière d'encyclopédie de combat qui se voulait instrument d'interpellation et de subversion de ce qu'on a appelé la " pensée unique ". Cinq dimensions participent de cette contre-offensive : chansonnière, pamphlétaire, démystificatrice, pédagogique et philosophique. Montrer, en somme, qu'on peut réfléchir et s'instruire en se fendant largement la pipe. Outre un entrelacs de miniportraits, saillies, vannes, lazzis ou brèves de comptoir, quatre dominantes dans ce volume : le démontage de quelques grands mensonges historiques ; le détricotage des discours propagandistes dont la grande crise de 2008 a démontré l'inanité ; la mise à mal d'idées toutes faites et bien pensantes qui ont, ces dernières décennies, envahi l'espace idéologico-politique ; et le dévoilement de quelques réalités économiques et sociales que le conformisme, y compris médiatique, a trop longtemps réussi à camoufler. Des salves pour rire... non pour tuer, mais pour permettre de vivre !

  • Poemes politiques

    Jean-François Kahn

    • Fayard
    • 17 Octobre 1990

    Quel est le pari que je tente?Montrer d'abord que la poésie peut de nouveau être lue.Ensuite, qu'elle peut se libérer de l'ésotérisme et de l'élitisme.Enfin, qu'elle peut de nouveau véhiculer un discours explicite!Qu'elle est en quelque sorte une forme toujours moderne permettant de dire, à côté de l'essai, du roman, du pamphlet, de la biographie, éventuellement la même chose mais d'une autre façon. Et, pour cela, j'ai voulu dépasser les polémiques archaïques et subalternes sur le classicisme, le néo-classicisme, le vers libre, la poésie en prose, la chanson.La poésie est un tout qui englobe toutes ses composantes d'hier, d'aujourd'hui, de demain... Comme la musique. Ce qui est moderne, c'est ce que nous avons à dire, et qui justement intègre parfois trop de complexité, de contradiction, d'interrogation pour être enfermé dans une prose carrée et sèche.En ce sens, en cette période de gigantesque remise en question, la politique tout naturellement redevient poésie...Pour le reste...J.-F. K.

  • Le communisme fut un extravagant mensonge qui engendra une immense tragédie.

    Que nous entendons dévoiler ici, c'est que tout en définitive était faux : la parole communiste bien sûr, mais aussi la polyphonie des musiques qui se projetèrent sur le communisme ou se déployèrent face à lui. autrement dit, était fallacieuse la presque totalité des discours et des contre discours qu'inspira le communisme à ceux qui se déterminèrent par rapport à lui ou contre lui.

    Faux, tout était faux. doit-on s interdire d'en faire le constat ? de dresser le catalogue de cette gigantesque tromperie ? de se demander pourquoi, à partir d'un crime originel - le grand massacre de 14-18 - et d'un mensonge fondateur - le communisme -, le siècle qui se termine enroula son terrible destin autour d'une telle succession d'escroqueries et de foutaises intellectuelles ?

  • Ce livre n'est ni la chronique d'une élection, ni l'histoire d'une campagne électorale, mais l'expression littéraire d'une réaction de rejet devant l'une des campagnes électorales les plus schizophéniques que la France ait connues. Ce qui a retenu l'attention de l'auteur, ce sont les tempéraments, les états d'esprit, les petitesses, les personnages véritables, les pratiques, les trahisons, les manoeuvres, les arrière-pensées dont ce scrutin fut l'extraordinaire révélateur. Les Français ne voulaient ni des papillons noirs de la nuit conservatrice, ni des abeilles activistes d'une ruche en folie, ni du programme dangereux et démodé de la désunion de la gauche, ni d'une logique capitaliste implacable, ni d'une logique révolutionnaire et étatique. Ils ont essayé de le dire. Mais la démocratie française n'a que faire de ces nuances et le centre dans notre pays a disparu. Alors...(Ce livre est sorti le 12 avril.)

  • Le lecteur se souvient sans doute qu'en 1936 andré gide, alors en pleine gloire littéraire, avait entrepris de se rendre en union soviétique pour témoigner des bienfaits du communisme, mais qu'une fois sur place il avait été envahi par un immense désarroi tant le spectacle qui s'offrait à ses yeux était éloigné de l'idéal.

    Quelques mois plus tard, il avait publié à paris son retour d'urss, terrible réquisitoire contre le socialisme réel. ses amis communistes ne devaient jamais le lui pardonner.

    En 1996, sur saturne, où des sociaux-démocrates autrichiens fuyant le nazisme ont construit une société fondée sur l'économie mixte, le fameux romancier djid andrew décide, à la demande pressante du parti libéral d'opposition dont il est un compagnon de route, de se rendre sur terre, cette planète entièrement acquise à la logique capitaliste, pour témoigner des bienfaits de l'économie libre.

    Djid consacre une année entière à la découverte de l'ancien monde, dont il parcourt tous les continents. son constat n'est pas moins accablant que celui de son glorieux prédécesseur. la logique capitaliste n'a-t-elle pas eu raison du libéralisme de ses rêvesoe que faire maintenant face à un tel désastreoe ses amis lui pardonneront-ils ce retour de terre qu'il envisage d'écrire une fois rentré chez lui?

  • A quelles conditions les individus qui forment un corps social décident-ils (ou continuent-ils) de vivre ensemble plutôt que de s'entre-déchirer ? Teel est la grande question que s'attache à résoudre la philosophie politique.Jean-François Kahn y répond dans cet essai à partir du constat suivant : 1) seule la reconnaissance de l'autre permet la connaissance de soi ; 2) seule la connaissance de soi permet l'acceptation de l'autre ; 3) seule l'acceptation de l'autre permet d'assurer la coexistence sociale et donc l'organisation de la société politique.
    Mais, si cette logique est imparable, les choses se compliquent singulièrement lorsque l'on sait que la condition de la connaissance de soi qu'est l'autre est rendue bien incertaine par le fait que l'autre restera toujours pour moi un mystère - pour la simple raison que je ne connaîtrai jamais la connaissance qu'il a de lui-même. Et c'est de cette incertitude, de ce mystère, de cette irréductible différence que surgit l'exclusion - la méfiance d'abord, la réduction de l'autre à sa fonction sociale, à la couleur de sa peau ou à quelque autre différence ensuite, la persécution pour finir. Le loup, c'est précisément la figure du persécuteur tapie en chacun de nous.
    Dans ces conditions, la " bonne politique " consistera à reconnaître la différence, sans jamais perdre de vue l'universalité de la condition humaine. Et, cet essai exigeant, mais toujours clair et articulé, vise à définir le type d'actions économiques, sociales et culturelles qu'implique tout processus pacificateur et générateur du rapport d'altérité. Ce dont notre société, nous le savons, a bien besoin. L'actuel directeur de Marianne a bien des cordes à son arc. Grand scrutateur de la vie politique contemporaine, il se passionne aussi pour la pensée et son histoire. Chroniqueur et éditorialiste réputé, il n'a jamais caché son goût pour la philosophie et les ouvrages de sciences dures. Témoignent de cette diversité d'intérêts la variété de ses publications : d'un côté les livres d'actualité (comme La pensée unique, Fayard, 1995, 13 000 exemplaires vendus), de l'autre les livres de réflexion fort exigeants (ainsi Tout change parce que rien ne change, Fayard, 1995, 15 000 exemplaires vendus également).

  • L'Auteur :
    Jean-François Kahn dirige la revue Marianne. Ce polygraphe de talent, tout à la fois écrivain, chroniqueur et éditorialiste, ne cache pas son goût pour les essais (Moi, l'autre et le loup a paru chez Fayard en 2001, on se souviendra aussi de Tout change parce que rien ne change, Fayard, 1995) et les documents d'actualité (Les Rebelles. Celles et ceux qui ont dit non paru chez Plon, 2001, La Pensée unique, chez Fayard en 1995). La diversité de ces intérêts a toutefois un point commun : une curiosité politique aiguë, une réflexion sur la place et le rôle de l'individu dans la société. C'est ce souci qui l'a déterminé à entreprendre l'écriture de son Hugo politique.

    QUATRE ANNEES DE LA VIE DE VICTOR HUGO OU COMMENT VICTOR, L'AUTEUR A SUCCES, DEVIENT LE GRAND HUGO. UNE BIOGRAPHIE POLITIQUE.

  • Un an après loeinvasion et loeoccupation de loeIrak, après une guerre juridiquement indéfendable, moralement injustifiable, politiquement ingérable, où en sommes-nous ? Aucune trace doearmes de destruction massive, des élections libres ajournées, des attentats quasi quotidiensoe Catastrophe en un mot, dont nous aurons du mal à nous remettre.


    Hier encore, la cause démocratique restait vierge. Aujourdoehui, le fascisme, sous sa forme intégriste, prétend prendre en charge la révolte des humiliés, pendant que les nouveaux maîtres du monde, les tenants du « camp de la guerre », sont parvenus, au nom de la démocratie, à asseoir un pouvoir impérialiste et oppresseur.


    Oppression démocratique contre résistance anti-démocratique : imagine t-on le choc quoeinduit une telle inversion oe Jean-François Kahn analyse ici la dérive intellectuelle et idéologique qui a conduit à cette guerre absurde, soumet à l?épreuve des faits les discours extravagants qui loeont justifiée, prend la mesure du naufrage de nos valeurs et du raz-de-marée quoeelle a provoqué. Et montre comment un certain discours néo-conservateur doeaujourdoehui noeest plus que le retournement doeun certain discours stalinien doehier.

  • Change. Il faut d'abord porter son attention sur ce qui ne change pas, les structures invariantes.
    C'est en effet le non-changement qui permet au changement de radicaliser son expression. Soumettant l'histoire des hommes en société à la problématique générale de l'évolution dont cette histoire n'est qu'un moment, Jean-François Kahn repère et démonte, exemples concrets à l'appui, le moteur du développement social. Les événements qui bouleversent notre fin de siècle - la " résurgence " des particularismes, le " retour " du religieux, l'" affirmation " identitaire, le " racisme ", etc. - apparaissent sous cette lumière nouvelle comme autant de manifestations des structures sociales tendanciellement invariantes que sont le féodalisme, l'esclavagisme, le capitalisme, le tribalisme, l'aspiration au socialisme. Mais l'incessante recomposition de ces invariances ouvre un champ immense aux changements souhaitables et possibles. Cet ouvrage fera débat et suscitera peut-être la polémique. A cela, un certain nombre de raisons : il se veut théorie sociale de substitution au socialisme et au libéralisme théoriques ; il propose de reconsidérer chez l'homme le rapport entre l'inné et l'acquis, le naturel et le culturel ; il récuse radicalement toute vision et appréhension métaphysique ; il aborde de front le problème de la " race " et celui des soubassements biologiques des comportements sociaux ; il franchit la barrière qui sépare le vivant de la matière inanimée en proposant une interprétation thermodynamique des mouvements de masse. Et, ce faisant, il ouvre un espace illimité à la réalisation autocréatrice de la liberté humaine.

  • Axel, le médecin biologiste, engagé depuis longtemps dans la réflexion éthique, Jean-François, le journaliste, homme de média et agitateur d'idées. Ils sont frères mais se connaissaient peu avant ce livre. Elevés l'un et l'autre dans la religion catholique, ils sont devenus farouchement agnostiques, mais demeurent tous deux obsédés par la quête de sens.
    Ils croisent ici leurs souvenirs, avec la tendresse de l'éloignement et la lucidité des intellectuels qu'ils sont : deux enfances séparées à cause de la guerre, une adolescence dans la France de la TSF et de la reconstruction, le couple de leurs parents et leur frère Olivier, les premiers choix politiques, les grandes désillusions de l'âge adulte.
    Mais le genre humain n'est pas leur ennemi, tout au contraire. Même si on ne croit ni au Grand Horloger de l'univers, ni à la Rédemption, ni non plus aux lendemains qui chantent, la place est immense pour l'engagement de deux hommes qui n'ont pas cessé de croire qu'aujourd'hui peut être meilleur qu'il n'est, et demain meilleur qu'aujourd'hui : à la condition d'oser le vouloir. Etre capable d'enthousiasme, voilà qui les réunit, qu'il s'agisse de dire leur émotion devant un air d'opéra, leur admiration devant le personnage de De Gaulle, leur goût pour la cuisine - qu'ils font eux-mêmes-, ou de célébrer les grandes avancées de la démocratie.
    Dégrisés des illusions confortables, sans concession pour les mensonges d'où qu'ils viennent, ils montrent que le métier d'homme n'est pas un vain mot.

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