Fayard

  • Entre 600 avant Jésus-Christ et 500 après, dans ce qu'on appelle aujourd'hui la France, que s'est-il passé ? Faites l'expérience, posez la question : au mieux on vous citera la défaite de Vercingétorix à Alésia et le baptême de Clovis. Le reste est comme un immense trou de plus de mille ans. Or, c'est au fond de ce trou, dans ce creuset, qu'en vérité tout se passe : que, d'un invraisemblable capharnaüm de bandes et de hordes, de tribus et de peuples, de cités et de nations, va peu à peu surgir, se cristalliser, s'affirmer quelque chose d'étrange, mille-pattes à mille têtes, qu'on appellera les Français.  Aventure improbable, inouïe, parfois démentielle. Nul réalisateur hollywoodien n'oserait imaginer la dramaturgie de cette épopée dont Jean-François Kahn retrace ici la dynamique et l'effervescence, tant y tonitruent la fureur et l'hilarité, le fracas des armes et le sifflement des intrigues, l'héroïsme des sacrifices et l'ignominie des forfaitures, la fulgurance des intelligences et l'étalement des médiocrités. La France, déjà !  Incroyable roman vrai qui ne ressemble pas toujours, rarement même, à la chronique officielle qu'en ont congelée nos écoles. C'est aussi le mérite de ce livre que de révéler une réalité parfois plus grise, parfois plus lumineuse, que les mythes.Essayiste, polémiste, auteur de nombreux ouvrages dont, aux Éditions Fayard, Tout change parce que rien ne change, Les Bullocrates, Comment on y va... Jean-François Kahn est le fondateur de l'hebdomadaire Marianne.

  • Qu'est-ce que le réel ? C'est une oeuvre. Une oeuvre que sans cesse des maîtres d'oeuvre mettent en oeuvre. La réalité n'est jamais ce qu'elle est et toujours déjà ce qu'elle sera, grâce à ce qu'elle est en train de devenir en conséquence de ce qu'on en fait.En ce sens, la philosophie la plus attentatoire à la « réalité du réel », c'est le réalisme. L'auteur le montre en particulier à travers l'évolution de la peinture et la révolution impressionniste, le rôle des utopies et des résistances, et revisite dans cette perspective l'histoire du rapport conflictuel de la philosophie à cette réalité-là.

  • C'est une véritable théorie de l'évolution historique, sociale, idéologique et politique que jean-françois kahn expose dans cet ouvrage.
    Autrement dit : comment en est-on arrivé là ? où va-t-on ? et, surtout, comment on y va... ce qui conduit à répondre à ces questions que l'actualité a rendu angoissantes : l'histoire a-t-elle vraiment un sens ? peut-on encore se réclamer du progrès, et donc du progressisme ? ce que démontre l'auteur, c'est que l'évolution est un processus continu qui ne peut échapper aux lois qui régissent les modes de transformations aussi bien naturelles que sociales et culturelles.
    Et c'est précisément ces lois qui établissent qu'il faut que structurellement et apparemment rien ne change pour que fonctionnellement et réellement tout change. en d'autres termes, la rupture est impossible, le conservatisme est mortifère. mais quand elle prend la forme d'une recomposition des invariances, en particulier autour d'un nouveau centre, la réforme devient toujours radicalement révolutionnaire.
    Or, cette révolution qui replace non plus l'etat ou le capital mais l'homme au centre, n'a jamais été aussi nécessaire.

  • Poemes politiques

    Jean-François Kahn

    • Fayard
    • 17 Octobre 1990

    Quel est le pari que je tente?Montrer d'abord que la poésie peut de nouveau être lue.Ensuite, qu'elle peut se libérer de l'ésotérisme et de l'élitisme.Enfin, qu'elle peut de nouveau véhiculer un discours explicite!Qu'elle est en quelque sorte une forme toujours moderne permettant de dire, à côté de l'essai, du roman, du pamphlet, de la biographie, éventuellement la même chose mais d'une autre façon. Et, pour cela, j'ai voulu dépasser les polémiques archaïques et subalternes sur le classicisme, le néo-classicisme, le vers libre, la poésie en prose, la chanson.La poésie est un tout qui englobe toutes ses composantes d'hier, d'aujourd'hui, de demain... Comme la musique. Ce qui est moderne, c'est ce que nous avons à dire, et qui justement intègre parfois trop de complexité, de contradiction, d'interrogation pour être enfermé dans une prose carrée et sèche.En ce sens, en cette période de gigantesque remise en question, la politique tout naturellement redevient poésie...Pour le reste...J.-F. K.

  • Le communisme fut un extravagant mensonge qui engendra une immense tragédie.

    Que nous entendons dévoiler ici, c'est que tout en définitive était faux : la parole communiste bien sûr, mais aussi la polyphonie des musiques qui se projetèrent sur le communisme ou se déployèrent face à lui. autrement dit, était fallacieuse la presque totalité des discours et des contre discours qu'inspira le communisme à ceux qui se déterminèrent par rapport à lui ou contre lui.

    Faux, tout était faux. doit-on s interdire d'en faire le constat ? de dresser le catalogue de cette gigantesque tromperie ? de se demander pourquoi, à partir d'un crime originel - le grand massacre de 14-18 - et d'un mensonge fondateur - le communisme -, le siècle qui se termine enroula son terrible destin autour d'une telle succession d'escroqueries et de foutaises intellectuelles ?

  • Le lecteur se souvient sans doute qu'en 1936 andré gide, alors en pleine gloire littéraire, avait entrepris de se rendre en union soviétique pour témoigner des bienfaits du communisme, mais qu'une fois sur place il avait été envahi par un immense désarroi tant le spectacle qui s'offrait à ses yeux était éloigné de l'idéal.

    Quelques mois plus tard, il avait publié à paris son retour d'urss, terrible réquisitoire contre le socialisme réel. ses amis communistes ne devaient jamais le lui pardonner.

    En 1996, sur saturne, où des sociaux-démocrates autrichiens fuyant le nazisme ont construit une société fondée sur l'économie mixte, le fameux romancier djid andrew décide, à la demande pressante du parti libéral d'opposition dont il est un compagnon de route, de se rendre sur terre, cette planète entièrement acquise à la logique capitaliste, pour témoigner des bienfaits de l'économie libre.

    Djid consacre une année entière à la découverte de l'ancien monde, dont il parcourt tous les continents. son constat n'est pas moins accablant que celui de son glorieux prédécesseur. la logique capitaliste n'a-t-elle pas eu raison du libéralisme de ses rêvesoe que faire maintenant face à un tel désastreoe ses amis lui pardonneront-ils ce retour de terre qu'il envisage d'écrire une fois rentré chez lui?

  • La victoire d'un libralisme dsormais priv d'adversaires, le rtrcissement de l'espace des possibles en politique et l'homognisation des circuits d'information ont amen la France qui pense et qui communique une unification de son discours.

  • A quelles conditions les individus qui forment un corps social décident-ils (ou continuent-ils) de vivre ensemble plutôt que de s'entre-déchirer ? Teel est la grande question que s'attache à résoudre la philosophie politique.Jean-François Kahn y répond dans cet essai à partir du constat suivant : 1) seule la reconnaissance de l'autre permet la connaissance de soi ; 2) seule la connaissance de soi permet l'acceptation de l'autre ; 3) seule l'acceptation de l'autre permet d'assurer la coexistence sociale et donc l'organisation de la société politique.
    Mais, si cette logique est imparable, les choses se compliquent singulièrement lorsque l'on sait que la condition de la connaissance de soi qu'est l'autre est rendue bien incertaine par le fait que l'autre restera toujours pour moi un mystère - pour la simple raison que je ne connaîtrai jamais la connaissance qu'il a de lui-même. Et c'est de cette incertitude, de ce mystère, de cette irréductible différence que surgit l'exclusion - la méfiance d'abord, la réduction de l'autre à sa fonction sociale, à la couleur de sa peau ou à quelque autre différence ensuite, la persécution pour finir. Le loup, c'est précisément la figure du persécuteur tapie en chacun de nous.
    Dans ces conditions, la " bonne politique " consistera à reconnaître la différence, sans jamais perdre de vue l'universalité de la condition humaine. Et, cet essai exigeant, mais toujours clair et articulé, vise à définir le type d'actions économiques, sociales et culturelles qu'implique tout processus pacificateur et générateur du rapport d'altérité. Ce dont notre société, nous le savons, a bien besoin. L'actuel directeur de Marianne a bien des cordes à son arc. Grand scrutateur de la vie politique contemporaine, il se passionne aussi pour la pensée et son histoire. Chroniqueur et éditorialiste réputé, il n'a jamais caché son goût pour la philosophie et les ouvrages de sciences dures. Témoignent de cette diversité d'intérêts la variété de ses publications : d'un côté les livres d'actualité (comme La pensée unique, Fayard, 1995, 13 000 exemplaires vendus), de l'autre les livres de réflexion fort exigeants (ainsi Tout change parce que rien ne change, Fayard, 1995, 15 000 exemplaires vendus également).

  • L'Auteur :
    Jean-François Kahn dirige la revue Marianne. Ce polygraphe de talent, tout à la fois écrivain, chroniqueur et éditorialiste, ne cache pas son goût pour les essais (Moi, l'autre et le loup a paru chez Fayard en 2001, on se souviendra aussi de Tout change parce que rien ne change, Fayard, 1995) et les documents d'actualité (Les Rebelles. Celles et ceux qui ont dit non paru chez Plon, 2001, La Pensée unique, chez Fayard en 1995). La diversité de ces intérêts a toutefois un point commun : une curiosité politique aiguë, une réflexion sur la place et le rôle de l'individu dans la société. C'est ce souci qui l'a déterminé à entreprendre l'écriture de son Hugo politique.

    QUATRE ANNEES DE LA VIE DE VICTOR HUGO OU COMMENT VICTOR, L'AUTEUR A SUCCES, DEVIENT LE GRAND HUGO. UNE BIOGRAPHIE POLITIQUE.

  • Un an après loeinvasion et loeoccupation de loeIrak, après une guerre juridiquement indéfendable, moralement injustifiable, politiquement ingérable, où en sommes-nous ? Aucune trace doearmes de destruction massive, des élections libres ajournées, des attentats quasi quotidiensoe Catastrophe en un mot, dont nous aurons du mal à nous remettre.


    Hier encore, la cause démocratique restait vierge. Aujourdoehui, le fascisme, sous sa forme intégriste, prétend prendre en charge la révolte des humiliés, pendant que les nouveaux maîtres du monde, les tenants du « camp de la guerre », sont parvenus, au nom de la démocratie, à asseoir un pouvoir impérialiste et oppresseur.


    Oppression démocratique contre résistance anti-démocratique : imagine t-on le choc quoeinduit une telle inversion oe Jean-François Kahn analyse ici la dérive intellectuelle et idéologique qui a conduit à cette guerre absurde, soumet à l?épreuve des faits les discours extravagants qui loeont justifiée, prend la mesure du naufrage de nos valeurs et du raz-de-marée quoeelle a provoqué. Et montre comment un certain discours néo-conservateur doeaujourdoehui noeest plus que le retournement doeun certain discours stalinien doehier.

  • Deux périodes ont sans doute plus compté dans l'histoire de notre pays que toutes les autres réunies, celle qui va de 1789 à 1889 (abolition des privilèges, libéralisme, démocratie, république, laïcité, progrès social) et celle, entre le IIe et le IVe siècle de notre ère, au cours de laquelle l'Occident en général et ce qui deviendra la France en particulier vont vivre la plus formidable révolution idéologique, ainsi que la plus profonde mutation sociale et civilisationnelle qu'ait connue l'histoire universelle : passage du paganisme au christianisme, du polythéisme au monothéisme, de la pluralité des croyances à l'unicité du dogme. Et c'est au milieu de ce chamboulement inouï qu'un empire mondial sombre, que l'Orient et l'Occident divorcent, que des peuples dits « barbares » submergent la romanité, que la Gaule affirme son identité en se découvrant et en s'imposant en tant que nation, jusqu'à arracher un temps son indépendance à la puissance hégémonique romaine, que Paris s'offre comme capitale, qu'une gigantesque révolution sociale soulève une France en gestation confrontée déjà à l'oppression fiscale et au centralisme bureaucratique.
    C'est l'extraordinaire saga de ce basculement que ce livre retrace à travers des événements, des aventures, des retournements, des soubresauts, des luttes, des drames, des farces, des personnages, qu'aucun romancier n'oserait même imaginer.Essayiste, polémiste, fondateur de Marianne, Jean-François Kahn est auteur de nombreux ouvrages dont, aux éditions Fayard, Tout change parce que rien ne change (2006), Comment on y va... (2008), ou encore Philosophie de la réalité (2011). Le tome 1 de L'Invention des Français (2013) a rencontré un grand succès auprès du public.

  • Change. Il faut d'abord porter son attention sur ce qui ne change pas, les structures invariantes.
    C'est en effet le non-changement qui permet au changement de radicaliser son expression. Soumettant l'histoire des hommes en société à la problématique générale de l'évolution dont cette histoire n'est qu'un moment, Jean-François Kahn repère et démonte, exemples concrets à l'appui, le moteur du développement social. Les événements qui bouleversent notre fin de siècle - la " résurgence " des particularismes, le " retour " du religieux, l'" affirmation " identitaire, le " racisme ", etc. - apparaissent sous cette lumière nouvelle comme autant de manifestations des structures sociales tendanciellement invariantes que sont le féodalisme, l'esclavagisme, le capitalisme, le tribalisme, l'aspiration au socialisme. Mais l'incessante recomposition de ces invariances ouvre un champ immense aux changements souhaitables et possibles. Cet ouvrage fera débat et suscitera peut-être la polémique. A cela, un certain nombre de raisons : il se veut théorie sociale de substitution au socialisme et au libéralisme théoriques ; il propose de reconsidérer chez l'homme le rapport entre l'inné et l'acquis, le naturel et le culturel ; il récuse radicalement toute vision et appréhension métaphysique ; il aborde de front le problème de la " race " et celui des soubassements biologiques des comportements sociaux ; il franchit la barrière qui sépare le vivant de la matière inanimée en proposant une interprétation thermodynamique des mouvements de masse. Et, ce faisant, il ouvre un espace illimité à la réalisation autocréatrice de la liberté humaine.

  • il y a vingt-sept ans, je publiais un ouvrage qui s'intitulait: et si on essayait autre chose. essai sur une autre voie.
    s'ensuivirent vingt-sept ans de combats, souvent difficiles, en particulier à travers les nouvelles littéraires, l'événement du jeudi ou marianne, contre les tenants d'un ordre bipolaire établi; vingt-sept ans d'efforts pour élaborer peu à peu une philosophie politique alternative. à l'arrivée: les événements nous ont donné raison. avant de hurler, jugez-en. pièces à l'appui.
    nous annoncions l'effondrement du modèle néolibéral qui avait centralisé l'argent et le profit, comme s'est écroulé le modèle qui avait centralisé l'état et la bureaucratie.
    oui, répétions-nous, une autre société est possible, une autre société est nécessaire: celle qui replacera l'homme au centre, celle qui mettra l'état et l'argent - l'avoir et le pouvoir - au service de la double émancipation individuelle et collective de l'être.
    c'est le propos de ce livre.
    comment réaliser cette révolution? pourquoi, loin de faire du passé table rase, il s'agit d'en sauver et d'en optimiser tous les acquis, y compris ceux du libéralisme et du socialisme? quelle philosophie, quelle morale, quel modèle de société sous-tend l'«alternative» que nous proposons? quelles sont les mesures, à court ou moyen terme, qui permettront d'y parvenir?
    c'est à quoi ce livre, qui synthétise plus de trois décennies d'engagement intellectuel, tente de répondre.
    c'est dit. reste à faire.


    essayiste, polémiste, auteur de nombreux ouvrages dont, aux éditions fayard, tout change parce que rien ne change, les bullocrates, comment on y va..., jean-françois kahn est le fondateur de l'hebdomadaire marianne.

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