• La désindustrialisation à l'oeuvre depuis les années 1970 a confiné des pans entiers des classes populaires aux marges du salariat. Tenues à l'écart des principaux circuits marchands, ces populations ont dû réorganiser leur travail et leur vie quotidienne de manière à satisfaire les besoins essentiels à leur subsistance, selon une dynamique qui confère une centralité nouvelle à l'espace urbain : pour elles, l'accès à la plupart des ressources matérielles et symboliques nécessaires au maintien d'une existence digne est intimement lié à leur ancrage territorial.

    Or, les pratiques attachées à cette centralité populaire sont aujourd'hui contestées. Prises dans la course à la métropolisation, certaines villes voudraient en définitive remplacer ces populations, dont elles considèrent qu'elles « ne font rien », par d'autres issues des classes moyennes et supérieures, n'hésitant pas à agiter le spectre du communautarisme et celui du ghetto. Il s'agit, au contraire, de saisir ce qu'impliquent les processus contemporains de fragmentation de l'espace social pour des personnes qui ne sont ni plus ni moins que des travailleuses et des travailleurs.

  • Ceci est mon testament

    Rosa Bonheur

    • Ixe
    • 17 Octobre 2012

    «... et j'ai pensé que maintenant j'avais le droit de vivre pour moi et de disposer à mon gré de mon bien personnel, n'ayant eu ni enfants, ni tendresse pour le sexe fort, si ce n'est une franche et bonne amitié pour ceux qui avaient toute mon estime.» Artiste de renommée internationale, Rosa Bonheur décide au soir de sa vie de léguer la totalité de ses biens à sa « soeur de la palette », Anna-Elizabeth Klumpke. Le château de By et son parc, « compris le petit potager », les titres de rente, l'ensemble des oeuvres en ses ateliers, tout doit revenir à Anna. Telle est la volonté de Rosa, pour qui « la parfaite amitié » prime sur les liens du sang - et sur les prétentions de sa famille à l'héritage.

    Elle s'en explique magnifiquement dans la lettre ajoutée à son testament, qui affirme son droit « de tester en faveur d'une compagne artiste ». Et pose ainsi, écrit Suzanne Robichon dans l'avant-propos, « un acte à l'aune de l'audace et de la liberté dont elle fit preuve toute sa vie ».

    Le Testament et la Lettre-Testament de Rosa Bonheur s'accompagnent d'un article paru dans La Fronde sur ses obsèques, et d'une chronologie la situant dans son époque - la Restauration et le Second Empire, la guerre franco-prussienne et la Commune, le saint-simonisme et l'émergence du féminisme.

    Édition établie par Suzanne Robichon.

  • Souvenirs de ma vie Nouv.

    Anna Klumpke (1846-1942) arrive dans la vie de Rosa Bonheur (1822-1899) en 1889. Elle sert alors d'interprète - Anna Klumpke est américaine - à un admirateur new-yorkais de passage en France. Rosa Bonheur est une peintre si connue aux États-Unis que son tableau Le Marché aux chevaux est accroché au Metropolitan Museum, et l'on offre aux enfants une poupée à son effigie.
    Neuf ans après cette première rencontre, A. Klumpke est de retour au château de By, demeure de Rosa. Entre les deux femmes, une profonde affinité se fait jour. Venue pour quelques semaines, Anna finit par rester. Admirative, enthousiaste et attentive, Anna ne doute pas un instant que le monde puisse être fasciné par le témoignage de Rosa Bonheur. Elle en fera une oeuvre littéraire et historique. Tout au long de leurs entretiens, Rosa Bonheur évoque ses origines, sa formation tout autant que sa vie personnelle dont ses années communes avec Nathalie Micas. Il est ici question du féminisme, des droits des femmes, du statut des femmes peintres aussi bien en France qu'outre-Atlantique. Elle évoque la reconnaissance officielle - elle est la première artiste femme à être faite Chevalière de la Légion d'honneur -, le succès de ses toiles sur le marché de l'art lui offrant une indépendance financière.
    Il est ici question des personnalités de l'époque qu'elle côtoie et apprécie comme Buffalo Bill, le duc d'Aumale, l'impératrice Eugénie et bien d'autres encore.
    Ce livre brosse ainsi le tableau d'une artiste à redécouvrir et dont l'oeuvre s'étend quasiment sur tout le xixe siècle. Natacha Henry assure l'édition révisée de ces entretiens.

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