Jean-François Chevrier

  • - L'Hallucination artistique (la formule est de Gustave Flaubert) se présente comme une somme composée de 18 chapitres thématiques et/ou monographiques, consacrés à des écrivains, des artistes, et plus encore à des oeuvres. Le récit commence avec la naissance de la psychiatrie et la distinction de l'hallucination comme « perception » (et non plus comme pathologie) et s'achève avec un hommage au peintre allemand Sigmar Polke (1941-2010), dont l'oeuvre a prolongé les expérimentations hallucinatoires des artistes des années 1970 tout en s'inscrivant dans la grande tradition du surnaturel depuis Goya et Blake.
    - Chaque chapitre est illustré d'un cahier iconographique qui reprend une partie des oeuvres mentionnées dans les textes. Un index des noms figure à la fin de l'ouvrage.
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  • Oeuvre et activité. La question de l'art est le dernier d'une série de sept livres de Jean-François Chevrier publiés par L'Arachnéen depuis 2010. Comme l'ouvrage précédent dans la série (L'Hallucination artistique), les textes de ce livre sont tous inédits ; comme Entre les beaux-arts et les médias, ils proposent une lecture inédite de l'histoire de l'art moderne, «entre oeuvre et activité». À la différence des précédents, celui-ci pose ouvertement un certain nombre de questions politiques, en abordant «la question de l'art» dans ses rapports avec la démocratie.
    Au-delà du texte introductif («À qui veut !»), le livre se compose de deux grandes parties. La première partie est constituée d'un long essai intitulé «oeuvre et activité», augmenté de trois annexes qui apportent au propos principal des développements sur des questions spécifiques (soulevées par exemple par telle ou telle manifestation ou exposition, Campo Urbano [Côme, 1969] ou Les Magiciens de la terre [Paris, 1989]). La seconde partie se compose de quatre études. Elles traitent d'oeuvres et de parcours biographiques (Marcel Broodthaers, Edward Krasinski ou Öyvind Fahlström) mais aussi de moments (l'année 1967) et de lieux ou territoires particuliers : le sujet de la dernière étude, «Intimité territoriale, rituel et espace public», appelle une approche transdisciplinaire, où la géographie rencontre l'éthologie et l'anthropologie, l'économie et les sciences politiques.
    L'ouvrage est accompagné d'une centaine d'images qui mettent d'elles-mêmes en évidence la tension entre les notions d'oeuvre et d'activité, en soulignant notamment le rôle de la performance (au sens large : danse, théâtre, rituels) dans la critique de l'oeuvre.

  • Cette somme rassemble un choix de textes partis et inédits, fruit de trente années de recherche sur l'art du dix-neuvième siècle à nos jours.
    Elle propose un récit foisonnant, vivant, lacunaire, érudit. L'art moderne a renouvelé les modes de perception, les définitions et les hiérarchies, le vocabulaire et la syntaxe des formes ; depuis l'invention de la photographie, premier procédé d'enregistrement, il n'a cessé de se réinventer, entre oeuvre et activité. Jean-François Chevrier écarte les périodisations convenues (modernisme, postmodernisme) et les labels.
    Il fait apparaître des mécanismes de création, des réseaux de figures et des territoires qui participent de l'histoire autant que de la poésie. II retrace des situations spécifiques dans lesquelles une pensée et un geste ont fait surgir une forme, ici et maintenant, au-delà d'une conception étroite de l'actuel. Une phrase de Mallarmé pourrait servir d'épigraphe aux sept livres : " Mal informé celui qui se crierait son propre contemporain.
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  • Cette somme rassemble un choix de textes partis et inédits, fruit de trente années de recherche sur l'art du dix-neuvième siècle à nos jours.
    Elle propose un récit foisonnant, vivant, lacunaire, érudit. L'art moderne a renouvelé les modes de perception, les définitions et les hiérarchies, le vocabulaire et la syntaxe des formes ; depuis l'invention de la photographie, premier procédé d'enregistrement, il n'a cessé de se réinventer, entre oeuvre et activité. Jean-François Chevrier écarte les périodisations convenues (modernisme, postmodernisme) et les labels.
    Il fait apparaître des mécanismes de création, des réseaux de figures et des territoires qui participent de l'histoire autant que de la poésie. II retrace des situations spécifiques dans lesquelles une pensée et un geste ont fait surgir une forme, ici et maintenant, au-delà d'une conception étroite de l'actuel. Une phrase de Mallarmé pourrait servir d'épigraphe aux sept livres : " Mal informé celui qui se crierait son propre contemporain.
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  • Jean-François Chevrier construit une analogie entre la mémoire involontaire, à l'origine de la vocation littéraire de l'auteur d' À la recherche du temps perdu, et les mécanismes inconscients à l'oeuvre dans la photographie instantanée. À la réédition de cet essai nous ajoutons un nouveau chapitre, intitulé « La Résurrection de Venise », qui redonne à l'oeuvre de l'historien d'art anglais John Ruskin (à ses dessins et daguerréotypes de Venise) et à une lettre inédite de Marcel Proust (commentée par Jean-François Chevrier) leur rôle dans la genèse de la Recherche. Le recueil s'achève sur un épilogue qui met à nouveau face à face Proust et Ruskin, à l'ombre du « petit monstre » de la cathédrale de Rouen.

  • Formes biographiques au Carré d'art-Musée d'art contemporain de Nîmes prolonge l'exposition Formas biográficas présentée au musée Reina Sofia de Madrid en 2013-2014. L'exposition de Madrid déployait, jusqu'à la période actuelle, un panorama des expériences et expérimentations biographiques dans l'histoire de l'art moderne. L'exposition de Nîmes est centrée sur la période contemporaine, elle rassemble des oeuvres réalisées principalement depuis la fin des années 1950. Dans une large proportion, ces oeuvres n'ont pas été vues en France et sont inédites. Comme dans la première version, le récit débute avec le romantisme et l'idée de « mythologie individuelle » déduite de l'oeuvre de Gérard de Nerval, telle qu'elle fut mise en oeuvre dans les arts visuels. Cet ancrage littéraire de la fantaisie biographique (autobiographie comprise) n'a cessé de se vérifier dans l'inspiration que les artistes modernes ont trouvée auprès des poètes. En lançant « je est un autre » (1871), Rimbaud reprenait, sans le savoir, le « je suis l'autre » (1854) de Nerval. La biographie est considérée généralement comme l'histoire d'un individu : une histoire racontée. La biographie d'artiste est une des formes qui, depuis Vasari, ont constitué l'histoire de l'art. Mais la biographie est également un matériau travaillé par les artistes eux-mêmes, soit que l'activité artistique participe d'une construction subjective et intersubjective, soit que l'oeuvre élabore des éléments autobiographiques. L'exposition intègre cet aspect autobiographique, mais en évitant l'inventaire des jeux innombrables auxquels a donné lieu la question de l'identité de l'artiste. Au vingtième siècle, l'idée de « construction » s'est imposée comme le corollaire de la mythologie individuelle, favorisée par le surréalisme. En construisant des formes biographiques qui mêlent la fiction et la chronique, la fantaisie et l'authenticité documentaire, les artistes, à l'instar des poètes-narrateurs, ont rompu avec l'emprise de l'état civil comme avec les normes naturalistes du récit de vie. L'exposition interroge le modèle constructif de la biographie, tel qu'il est mis en oeuvre dans l'activité artistique, à partir d'éléments documentaires ou fictifs. Ces éléments biographiques présentent un caractère discontinu et fragmentaire qui correspond au procédé type de l'art moderne, le collage, avec son alternative, le montage, et ses extensions, l'assemblage, l'environnement. En profitant de cette double orientation, mythologique et constructive, les formes biographiques se sont libérées des conventions sclérosées du biographisme : les artistes (écrivains et cinéastes compris) n'ont cessé de prouver que la biographie ne préexiste pas à sa mise en forme, dans des mots, des images ou tout autres types de matériaux. La question du « sujet », aux deux sens du terme (thème et instance subjective), procède ainsi de l'histoire croisée du récit et des formes artistiques. Dans son organisation, le livre Formes biographiques fait écho au récit conduit dans les deux versions de l'exposition sur le mode du montage et de l'installation. Il reprend les vingt chapitres (en deux parties) et la plupart des images du catalogue espagnol, augmentés d'une troisième partie en dix nouveaux chapitres. Dans cette troisième partie seront reproduites les oeuvres exposées au Carré d'art.

  • Né en 1946 à Vancouver, en Colombie Britannique, sur la côté ouest du Canada, Jeff Wall y a réalisé l'essentiel de son oeuvre. Sa culture est double, nord-américaine et européenne, et plus particulièrement française. Après une brève période de recherches dans l'art conceptuel au début des années 1970, il a produit depuis 1978 de grands tableaux photographiques, présentés sur des caissons lumineux, qui développent un programme de " Peinture de la vie moderne ", en référence à Baudelaire. Son oeuvre constitue une synthèse sans équivalent de la tradition picturale européenne, de l'art moderne, du cinéma et de l'histoire de la photographie. Cette synthèse se déploie dans un ensemble qui compte à ce jour environ cent vingt tableaux, accompagné d'une production importante de textes critiques et théoriques.
    L'essai de Jean-François Chevrier examine cet ensemble dans sa diversité formelle et iconographique, en dégageant des dominantes, des lignes de force et des reprises qui finissent par constituer un large réseau de correspondances : un monde visuel et littéraire, documentaire et poétique. L'oeuvre de Jeff Wall apparaît comme l'expression d'une biographie intellectuelle, traversée par les grandes questions culturelles et sociales de ces trente dernières années. Elle démontre également qu'une création d'images photographiques, au présent, peut s'inscrire dans une continuité historique qui déborde la biographie de l'artiste.

  • John Coplans : un corps Nouv.

    L'activité artistique de John Coplans (1920-2003) s'inscrit dans une vie faite de ruptures radicales et de profondes continuités. Après une enfance entre l'Angleterre et l'Afrique du Sud, il s'engage à dix-sept ans dans l'armée britannique et combat durant la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1950, il étudie l'art à Paris puis à Londres où il devient peintre. À quarante ans, Coplans part aux États-Unis et se consacre à la critique d'art ; en tant que cofondateur de la célèbre revue Artforum, il joue un rôle essentiel dans les débats des années 1960-1970. En 1980, il débute à soixante ans une Å«uvre photographique, dont son propre corps est la seule matière, et qu'il poursuivra jusqu'à sa mort. L'historien d'art Jean-François Chevrier, interlocuteur et ami de Coplans, propose ici une «Âbiographie artistique» où sont abordés les grands enjeux de l'art du second XXe siècle, notamment aux États-Unis. La deuxième partie du livre est constituée d'une anthologie de textes de Coplans.

  • Helen Levitt (1913-2009) a saisi la vitalité de l'aire de jeux informelle que constitue la rue. Elle témoigne de la coexistence, parfois heureuse parfois conflictuelle, des minorités ethniques, dans le Brooklyn de son enfance, ou dans le Lower East Side et les quartiers Nord de Manhattan - Harlem, Spanish Harlem - d'où proviennent la plupart des images prises à partir de 1936.

  • Jeff Wall, né en 1946, est l'un des acteurs majeurs de la scène artistique contemporaine internationale. Il a choisi la photographie comme outil de représentation de la vie moderne dès les années 1970. Généralement tirées en très grand format, ses ouvres sont comparables à de grandes toiles. Elles sont souvent montées sur des caissons lumineux (semblables à ceux utilisés pour les panneaux publicitaires) ou présentée sous la forme de tirages couleur et noir et blanc. Soigneusement composées, « jouées » pour la plupart par des acteurs choisis pour leur ressemblance avec une scène vécue, ses images sont toujours à la lisière, « presque documentaires » selon l'expression développée par le photographe. Sa distance avec le réel est constante, maîtrisée, bien qu'il reconnaisse l'apparition de surprises pendant la mise en place.
    L'ouvrage et l'exposition présenteront pour la première fois en France un ensemble d'oeuvres conçues dès l'origine en petits formats et choisies par l'artiste. On y observe encore mieux l'acuité et la précision du geste de Jeff Wall, féru d'histoire de l'art et grand connaisseur de la peinture. Une introduction du critique et historien d'art français Jean-François Chevrier et un entretien avec l'artiste viendront compléter ce travail photographique.

    Jeff Wall a suivi des études d'art à l'université de vancouver et a rédigé une thèse (soutenue en 1977) se rapportant au mouvement Dada et plus précisement au photomontage et au cinéma. Parallèlement à sa carrière d'universitaire en histoire de l'art, il réussit progressivement à s'illustrer comme un artiste de talent, capable de renouveler la photographie documentaire. Les photographies qu'il propose sont souvent inspirées d'oeuvres d'art classiques réinterprétées par le prisme photographique comme Picture for Women, reprise explicite d'une oeuvre de Manet : Un bar aux folies bergères, 1882.

  • La région d'Ile-de-France, avec sa ville phare, Paris, est une des plus riches et des plus actives d'Europe.
    Mais que signifie cette richesse ? Faut-il la mesurer exclusivement en revenu moyen par habitant ? D'autres données statistiques font apparaître une réalité plus ambiguë. Les activités économiques d'une région métropolitaine produisent des inégalités sociales et culturelles, mais aussi une destruction du patrimoine paysager à leur mesure. C'est pourquoi l'action de classement et de protection menée par la Direction régionale de l'environnement (Diren) est dans cette région particulièrement nécessaire et significative.
    Ce livre en rend compte. Parmi les cinq cents sites "classés et protégés" que gère aujourd'hui la Diren, douze ont été retenus, dont la superficie et la définition patrimoniale varient très largement, depuis un jardin du XVIIIe siècle jusqu'à une vallée agricole, depuis une carrière de craie jusqu'à l'emprise d'un domaine de chasse royale, en passant par la réserve naturelle d'une zone inondable, le cours enfoui d'une rivière ou les parages d'une institution psychiatrique.
    Douze monographies, construites chaque fois différemment, à partir d'une enquête photographique, traduisent cette diversité de territoires habités, parlés, racontés et imaginés. Dans chaque cas, le parcours du photographe, orienté par un savoir géographique, constitue la trame d'un récit descriptif, nourri de témoignages contemporains et de documents historiques ou poétiques. L'information et sa mise en forme passent ici par l'image et sa mise en page mais aussi par l'écoute et le montage.
    La complexité et l'ambiguïté des situations décrites sont prises en compte, comme l'épaisseur ou l'opacité propres à la création artistique. L'Ile-de-France comme métaphore est un album photographique, documentaire et monumental. Et un essai à plusieurs voix de défense et illustration de l'environnement.

  • À l'invitation du Point du Jour, Claire Tenu a travaillé pendant deux ans à Cherbourg. La ville que nous voyons désigne non seulement cette ville en particulier, vue à travers le livre, mais aussi toute ville, dont la découverte renouvelle une expérience semblable de la vision. Dans cette expérience, l'espace concret se superpose à un espace imaginaire ; ainsi, à Cherbourg, l'ouverture vers la mer, l'héritage napoléonien avec la construction de la rade, la peinture de Jean-François Millet natif de la région, mais aussi bien, quelle que soit la ville, la relation entre un « ici » et un « ailleurs », les traces de l'histoire, la présence vivante de l'art.
    Ce livre n'est donc pas le portrait d'une ville, fût-il fragmentaire, où s'exprimerait un « style » photographique. Il constitue plutôt une manière de voir mettant en relation différentes images - telles qu'elles apparaissent dans notre tête et sous nos yeux.
    Dans La ville que nous voyons, le regard de Claire Tenu a croisé d'autres regards. Certaines de ses photographies lui furent suggérées par les élèves et enseignants d'un collège avec lesquels elle a d'abord travaillé. D'autres évoquent des représentations anciennes qu'elle a réunies : cartes postales ou vues de Baldus, plans des digues ou dessins de Millet, photogrammes des Parapluies de Cherbourg ou encore un Songe de Jacob datant du XVIIIe siècle, conservé au musée de la ville. Précédées d'un avant-propos où Claire Tenu retrace les étapes de son travail, les séquences d'images sont entrecoupées de huit textes, entre récit et rêverie. Un essai de l'historien d'art Jean-François Chevrier apporte enfin un autre contrepoint à cet étrange concert.
    Encarté dans l'ouvrage, se trouve un livret dépliable, issu d'un travail avec les étudiants des Beaux-Arts de Cherbourg sur une sculpture de Frank Stella visible dans la ville. Commandé par la municipalité de Miami, ce kiosque à musique monumental en inox fut fabriqué en 2001 par les Constructions mécaniques de Normandie. À la suite d'un imbroglio juridico-financier, cette « cruche cassée » (Broken Jug), qui emprunte son titre à une pièce de Kleist, est restée depuis lors sur le site du chantier naval. Inachevé et sans fonction, cet objet devient ici un livre dans le livre, auquel il fait écho et dont il s'échappe.

  • Anselme Boix-Vives (1899-1969) est né dans la province de Castellón (Espagne). Enfant il garde les troupeaux, ne fréquente aucune école. En 1917 il émigre en France, s'installe en Savoie et se marie à une Espagnole en 1924.
    Après l'ouverture d'un premier magasin de primeurs à Brides-les-Bains pendant l'été 1922, il développe le négoce avec la région d'Avignon et se fixe à Moûtiers en 1928. Son commerce prospère avec le développement du ski en Haute Tarentaise. Son oeuvre est généralement associé à l'Art brut ou naïf.
    Son oeuvre est une explosion créatrice d'une vitalité et d'une inventivité spectaculaires. En sept années, entre le début de sa retraite en 1962 et sa mort, l'artiste autodidacte a peint plus de deux mille quatre cents oeuvres : figures humaines et animales, paysages, compositions abstraites...
    Idéaliste pragmatique et enjoué, optimiste viscéral, il a donné vie à un monde légendaire, merveilleux et fantastique, nourri des souvenirs des montagnes catalanes de son enfance, de la faune et de la flore de Tarentaise, ainsi que des images et des histoires qui lui arrivaient par la télévision, toujours allumée dans la cuisine transformée en atelier.

  • Architecture des contemplatifs. - Il serait nécessaire de comprendre un jour, et probablement ce jour est-il proche, ce qui manque avant tout à nos grandes villes : des lieux de silence, spacieux et fort étendus, destinés à la méditation, pourvus de hautes et de longues galeries pour les intempéries ou le trop ardent soleil, où ne pénètre nulle rumeur de voitures ni de crieurs, et où une bienséance phis subtile interdirait même au prêtre l'oraison à voix haute : des édifices et des jardins qui dans leur ensemble exprimeraient la sublimité de la réflexion et de la vie à l'écart ! Les temps sont révolus où l'Eglise possédait le monopole de la méditation, où la vita contemplativa était toujours en premier lieu vita religiosa [...].

  • SF est un montage.
    Le montage, tel que George Dupin le pratique, établit que tout lieu peut être lié à un autre lieu par voie métaphorique, à condition que la métaphore procède d'une parenté formelle ou historique. Les images rassemblées dans ce livre ont été prises sur une dizaine d'années, les dix premières années du vingt-et-unième siècle. Elles décrivent surtout des lieux, et des formes trouvées dans ces lieux. Avec le monde dit "global", un temps autre est apparu, où les lieux semblent glisser les uns dans les autres, se fondre, se confondre.
    La mondialisation a, dit-on, accéléré le temps en resserrant l'espace. La posture du photographe, qui observe et décrit, muni de sa lourde chambre, semble contredire cette opinion ou, du moins, en constituer une contre-épreuve. George Dupin travaille à l'intérieur de la "vue". Son approche procède d'une contemplation radicale, assez radicale pour dépasser le simple constat. Dans SF, le montage - la succession des images - transforme le théâtre de la mondialisation, remplaçant le vide encombré par une plénitude paradoxale.

  • Les tableaux et dessins d'Yves Bélorgey, qui témoignent d'un certain état de la ville et de l'architecture modernes, au coeur du travail de l'artiste, dont il propose à la fois la redécouverte, la réinvention picturale et l'archivage méthodique.

  • Isabel Duperray (née en 1966) travaille sur le paysage et l'inscription du corps dans celui-ci - de la nature sauvage aux baigneuses, du mythe à l'hédonisme contemporain. Elle reprend ainsi le fi l ininterrompu entre les artistes du passé et du présent qui s'inté- ressent aux liens entre notre regard sur le paysage et le rôle de la mémoire, des lieux, des oeuvres et des mots qui nous habitent quand nous parcourons un territoire, qu'il nous soit familier, intime ou étranger.
    Sa peinture s'appuie ainsi sur la résurgence d'images intimes dont la récurrence apparaît au fi l des années : paysage originel de l'enfance entrant en résonance avec un fond qui nous est commun, issu de l'histoire de l'art.
    Cet ouvrage est donc un dialogue entre des oeuvres - peintures, gravures et monotypes -, un auteur, Anthony Poiraudeau, et un historien de l'art, Jean-François Chevrier ; dialogue initié au sein d'une résidence croisée sur le thème du paysage, à la Maison Julien Gracq de Saint-Florent-le-Vieil en juin 2017. Une aventure autant humaine qu'artistique.

  • Durant plus de cinquante ans, Helen Levitt (1913-2009) a photographié essentiellement à New York les rues des quartiers populaires. Ses images montrent, avant tout, des moments fugitifs et ordinaires, des regards, des gestes qu'expriment par excellence les jeux et les dessins d'enfants.
    Le livre, outre des images de Mexico en 1941, réunit le travail à New York en noir et blanc dans les années 1930-40, puis en couleur à partir de 1959. Il constitue la première monographie en français consacrée à cette photographe américaine majeure du XXe siècle.
    L'oeuvre d'Helen Levitt a fait l'objet de rétrospectives, entre autres, au San Francisco Museum of Modern Art (1991), à la Documenta X de Kassel (1997) et à la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris (2007). Parmi les ouvrages qui lui ont été consacrés : Mexico City (Double Take, 1997), Here and There et Slide Show (PowerHouse Books, 2004 et 2005).

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