Lilian Mathieu

  • La prostitution est un objet social double. Il s'agit bien sûr d'une pratique singulière qui articule sexualité et économie et qui implique divers protagonistes (femmes et hommes prostitués, clients, proxénètes). Mais elle est aussi un « problème social » à la définition et au traitement desquels participent entrepreneurs de morale, législateurs, policiers ou encore travailleurs sociaux, dont l'action exerce en retour de considérables effets sur la pratique et le quotidien des personnes prostituées.
    C'est toute la complexité des rapports entre ces deux dimensions de la prostitution que cet ouvrage s'est donné pour objet d'explorer, en dressant un bilan des recherches sociologiques qui lui sont consacrées. Un tel enjeu n'est pas anodin, s'agissant d'une réalité sociale davantage objet de polémique, voire de fantasme, que de connaissance scientifique. Pourtant, la sociologie de la prostitution a connu ces dernières années d'importants développements, en France comme à l'étranger, qui ont permis d'atténuer son statut d'« objet sale » trop longtemps relégué aux marges de la recherche.

  • Quand un modeste policier enquête sur les riches et les démasque. Telle est la vision réjouissante que propose le sociologue Lilian Mathieu de la célèbre série télé américaine des années 70 ­ 80. Il démontre comment l'inégalité sociale, culturelle et financière définit les rapports entre le lieutenant à l'imper fripé et les meurtriers de la haute société californienne. Une analyse jubilatoire pour un revival nourri aux ressources des sciences sociales.

  • Les mouvements sociaux occupent aujourd'hui une place décisive dans la vie politique française.
    Ce livre en dresse un panorama, des grèves de décembre 1995 aux manifestations contre la réforme des retraites de 2010, en passant par l'altermondialisme, le Réseau éducation sans frontière ou Jeudi noir. Comment saisir leur rôle et leur poids dans la vie démocratique ? Quelles relations entretiennent-ils avec les partis politiques et les gouvernements ? Qu'est-ce qui fonde leur légitimité ? La protestation publique contre les politiques menées en leur nom est, de fait, le moyen pour les citoyens de se réapproprier la voix qu'ils ont déléguée à leurs gouvernants.
    Les mouvements sociaux ne sont dès lors ni une composante marginale du paysage politique, ni une menace pour la démocratie : ils en ravivent les principes fondateurs.

  • « Cet ouvrage s'inscrit dans un parcours de recherche engagé il y a maintenant plus de vingt ans. Il est consacré à la prostitution et à son encadrement politique, au sein duquel l'abolitionnisme a toujours été présent sans y occuper la première place. » explique Lilian Mathieu.
    Dans cette somme, fruit de longues années de recherche, le sociologue retrace l'histoire des militants et des travailleurs sociaux hostiles à la prostitution, mais qui s'avère tout aussi tumultueuse et riche en rebondissements que les combats des prostituées. Ainsi les abolitionnistes se sont retrouvés, au gré des circonstances, soit partenaires de raison soit farouches adversaires des prostituées. Cette diversité des postures a trouvé son point d'orgue avec les débats publics relatifs au statut légal à réserver à la prostitution et la pénalisation des clients. La galerie de portraits et le dépouillement de documents abolitionnistes offrent un panorama saisissant de la morale d'une société et de ses fluctuations sur plus d'un siècle.

  • Les années qui ont suivi Mai 68 restent dans les mémoires comme une période mythique sur le plan des mouvements sociaux.
    Ouvriers, femmes, immigrés ou encore homosexuels et écologistes, ces contestations émanant de groupes divers ont bouleversé la société de l'époque. Dans ce livre, Lilian Mathieu ne se contente pas de retracer l'histoire des seventies contestataires, il tire les principaux enseignements que ces combats passés peuvent apporter aux luttes du présent.

  • Même s'ils commettent le même délit, un Français et un étranger ne sont pas égaux devant la justice, puisque le délinquant étranger peut être condamné, en plus de sa peine de prison, à un éloignement du territoire français.
    C'est cet éloignement discriminatoire que les associations de défense des étrangers dénoncent en le qualifiant de " double peine ". La lutte contre la double peine a derrière elle une longue histoire. Des années 1970 à la " loi Sarkozy " de novembre 2003, en passant par les grèves de la faim des années 1980 ou les actions du Comité national contre la double peine, la cause des expulsés a fluctué au gré des alternances gouvernementales et des réformes législatives.
    La contestation de la double peine accompagne et éclaire une série d'importantes transformations politiques et sociales qu'a connues la France depuis les années 1970. Son histoire est celle de la forte politisation du thème de l'immigration qui, à la faveur de l'avènement de l'extrême droite, s'est aujourd'hui imposé comme un des enjeux centraux du débat politique. Elle est aussi celle de la lente dégradation des rapports entre le monde associatif et une gauche de gouvernement de plus en plus sourde aux revendications des défenseurs des immigrés.
    A travers cette lutte c'est un pan entier de la politique française avec des comportements et des déterminismes qui se manifestent à peu de chose près dans tout le champ sociopolitique qu'éclaire le livre de Lilian Mathieu, sociologue, chargé de recherche au Centre de recherche politique de la Sorbonne (CNRS, Université Paris-1).

  • Conflits du travail, lutte contre le sida, défense des immigrés, altermondialisme, actions collectives de précaires, féminisme : autant de mobilisations importantes qui ont marqué la vie politique et sur lesquelles cet ouvrage entend apporter un éclairage original et de nouvelles clefs d'analyse. Il montre que les mouvements protestataires ne résultent pas de brutales poussées de mécontentement, mais qu'ils relèvent au contraire d'un domaine d'activité particulier, exigeant la maîtrise de compétences spécialisées. Scrutant les rapports étroits qu'ils entretiennent les uns avec les autres, l'ouvrage montre également que ces mouvements sont loin d'occuper une position marginale et dominée dans le paysage politique : ils constituent un mode d'intervention dans la conduite des affaires de la cité distinct des arènes institutionnelles qu'ils tendent à concurrencer ou à contester.
    La notion d'espace des mouvements sociaux au coeur de cet ouvrage invite ainsi à penser la spécificité du registre politique de la protestation collective tout en cernant ses évolutions les plus significatives. L'analyse qui s'inspire de la théorie des champs de Pierre Bourdieu s'appuie sur une connaissance fine du paysage contestataire français, de Mai 68 au récent mouvement contre la réforme des retraites, pour offrir une nouvelle compréhension des reconfigurations politiques contemporaines.

  • Les prophéties alarmistes pronostiquant au moment de l'apparition du sida une large contamination des prostituées ne se sont pas réalisées. Cette situation positive a en premier lieu été rendue possible par l'attitude responsable et la capacité d'adaptation des femmes et des hommes prostitués, qui ont rapidement intégré le risque de contamination à leur pratique et adopté le préservatif et par la création d'associations assurant sur les trottoirs des actions de prévention.

  • Les mouvements sociaux sont des creusets où s'inventent et s'expérimentent de nouvelles pratiques de la lutte politique. Ils sont devenus non seulement un moyen dominant d'expression des griefs et des revendications, mais un
    véritable mode d'action, susceptible de peser sur le jeu politique institutionnel. Ce livre se présente comme un « manuel raisonné » de ces nouvelles pratiques.
    Les grèves de décembre 1995, la lutte contre le sida, les mouvements des sans-papiers, des enseignants, des féministes, des paysans hostiles à la « mal bouffe ». et, in fine, l'émergence d'un mouvement alter-mondialiste d'une
    ampleur inédite, tranchent avec l'atonie militante des années 1980.
    De nombreux sociologues se sont penchés sur ces nouvelles mobilisations, mais leurs travaux sont restés confinés aux publications universitaires. Ce livre rend accessibles, dans un langage clair et jamais jargonnant, les acquis de ces travaux. Il invite les militants à s'approprier les outils conceptuels avec lesquels les sociologues analysent les mobilisations. Le livre est organisé autour des questions que posent l'émergence et la conduite d'une mobilisation
    protestataire :
    Qu'est-ce qui provoque l'apparition d'un mouvement social oe
    Qui s'engage, et pour quelles raisons oe
    Comment les mobilisations sont-elles organisées oe
    Comment se développent-elles oe
    Quels moyens de lutte adopter oe
    À quelles influences les mobilisations sont-elles soumises oe
    Quels sont leurs effets sur le monde social oe

  • Les positions les plus opposées s'expriment sur la prostitution. Pour certains, elle serait un esclavage inhumain, dont l'abolition serait impérative. Pour d'autres, il s'agirait d'un métier comme un autre qui exigerait sa pleine reconnaissance. Pour d'autres encore, elle serait un ferment de délinquance, à éliminer de l'espace public. Ces trois positions, malgré leur opposition, se rejoignent sur un point, celui de mal poser le problème ou, pire, d'éviter de prendre en compte ce qu'est, dans sa réalité concrète, la prostitution. C'est précisément ce que fait cet ouvrage, basé sur une dizaine d'années d'observation attentive de cet univers particulier. Les logiques d'entrée dans le monde du trottoir, les modes d'exercice de la sexualité vénale, les conditions de vie - ou, le plus souvent, de survie - des femmes et hommes prostitués, les raisons pour lesquelles elles et ils se maintiennent sur le trottoir, leur rapport au monde du travail « normal »... sont ici analysés dans toute leur complexité. C'est cette complexité qui explique qu'aucune des positions qui monopolisent aujourd'hui le débat public sur la prostitution ne soit satisfaisante. Loin des polémiques stériles entre tenants de la « reconnaissance » ou de l'«
    abolition » de la prostitution, ce livre démontre pourquoi placer cette activité marginale au coeur de la question sociale permettrait d'espérer une forme d'émancipation de la condition prostituée.

  • Mouvements des « sans », des parapluies, des places, mais aussi Mai 68, lutte contre le CPE, grèves contre la « Loi travaille », mobilisations féministes et homosexuelles, contre-sommets altermondialistes, blocages d'universités, gilets jaunes: les mouvements sociaux constituent une composante essentielle de la vie politique et sociale. Loin de relever de brutales poussées de révolte, l'action collective contestataire obéit à des logiques complexes et adopte des formes qui évoluent sans cesse, que la sociologie politique se donne pour tâche d'analyser.
    Devenu ouvrage de référence sur le sujet, ce dictionnaire répertorie l'ensemble des concepts clés pour analyser les mouvements sociaux, retrace leur origine et leur développement, précise les usages et les débats qu'ils suscitent en France comme à l'étranger. Dans cette deuxième édition entièrement actualisée et enrichie de 20 nouvelles notices, près de 100 notions sont ainsi expliquées, illustrées d'exemples (de « Nuit debout » aux divers Printemps). Chaque entrée s'achève sur les références bibliographiques fondamentales au concept.

  • Qu'est-ce qui se joue à la frontière entre espaces sociaux, mondes professionnels, jeux institutionnels ? Comment les spécialistes d'un espace d'activité traversent-ils les frontières sociales pour intervenir dans un autre, à quelles conditions, à quel prix ou avec quels bénéfices ? Qu'est-ce qui fait ou compromet la légitimité d'un artiste à s'engager en politique, et qu'est-ce qui rend à l'inverse acceptable la soumission des pratiques de création à des logiques politiques ou militantes ? Comment les agents d'une institution peuvent-ils mettre en jeu les limites de leur domaine d'activité, les subvertir, ou au contraire faire l'expérience de la solidité des clôtures sociales ?
    Comment s'articulent la matérialité des lignes de démarcation et leur réalité symbolique, dans les perceptions et les représentations des intéressés ?
    Ce livre prend ces interrogations à bras le corps. Il s'empare de la question classique des divisions des sociétés différenciées pour l'éclairer sous des jours nouveaux, sur la base d'enquêtes empiriques menées sur différents terrains. Les rapports entre logiques professionnelles, tout particulièrement au sein des mondes de l'art et de la culture, et les formes d'engagement civique ou politique sont au coeur de cette exploration. La compréhension de ce qui fait la complexité de nos sociétés en sort renforcée.

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